P2 : Chapitre 38

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Mon ventre se tord et mes mains deviennent moites, je dis à voix basse :

-Madame Karczmarczyk...

-Elijah. Est-ce que mon fils dort encore ?

-Oui... Il dort. Dis-je difficilement tendit que ma gorge se noue.

-Parfait. Je voulais te parler seul à seul.

-Me... Me parler ?

-Oui. Je sais que tu te dis que je suis méchante, mais, pour te faire preuve de ma bonne foi, je te propose simplement de dialoguer avec toi. J'ai vu qu'il y avait des tables de pique-nique non loin. Suis-moi.

Elle ne me laisse pas vraiment choix.

Elle me tourne le dos et marche. Je la suis malgré moi.

Cette femme... Toujours la même. Elle porte toujours ses longs manteaux noirs de sorcière et ses chignons sans imperfections. Même si, en dix ans, quelques rides sont apparues sur son visage, elle n'a pratiquement pas changé.

Nous marchons quelques instants avant d'arriver dans un lieu rempli de table de pierre. La mère de Colin s'assoit et m'invite à m'asseoir en face.
J'obéis.

Elle se tient parfaitement droite pendant que moi, je m'effondre. Elle me demande de façon arrogante :

- Pourquoi tu affiche cette mine patibulaire ? Je ne vais pas te manger.

- Je suis sûr que vous en seriez capable.

Je joins mes mains sur la table et lui dis :

-Avant tout... J'aimerais savoir comment vous m'avez trouvé.

-C'était simple. On peut géolocaliser approximativement quelqu'un rien qu'avec son réseau. La police est allée voir ton opérateur et on a regardé la zone dans laquelle, tu te trouvais. Pour être plus précis, on a demandé à tes parents de t'appeler. Cependant, votre petit mensonge a aveuglé les policiers. Ils ont cru à votre histoire de festival satanique. Et ils t'ont innocenté. Mais je n'ai pas abandonné. J'ai payé un des policiers pour qu'il me dise ta localisation précise, et me voilà. Ils ne sont même pas foutu de faire leurs travail alors je le fais moi-même.

J'avale difficilement ma salive. Je continue :

-Et... maintenant, vous comptez faire quoi de moi ?

-Négocier. Je veux te proposer un marché.

Elle me regarde avec assurance dans les yeux. Comme si elle savait qu'elle avait déjà gagné. Ce qui est vrai. Je peine à maintenir le contact. Elle me dit :

-J'ai appris que tu avais cinq mois de prison avec sursis. Pas étonnant venant d'un délinquant comme toi. Ça serait dommage de faire sauter ton sursis en ajoutant à ça une peine pour kidnapping.

Je baisse la tête et respire difficilement. Elle continue :

-Et puis, votre fuite ne mène à rien. Je suppose que vous n'avez aucune idée d'où vous allez. Vous allez vivre comme des mendiants dans la rue, puis l'argent viendra à manquer, vous vous chercherez des métiers minable avec des salaires minable pour nourrir votre vie minable. Est-ce vraiment une bonne vie pour Colin. Tu prétends l'aimer, mais c'est faux. Si tu l'aimais vraiment, tu ne lui ferais pas autant de mal. Et un jour, il s'en rendra compte. Il avait un grand avenir d'animateur devant lui et, au lieu de ça, il va se retrouver dans la rue parce que un suppôt de Satan l'a corrompus. Quand il s'en rendra compte, il sera énervé. Il t'en voudra d'avoir gâché sa vie.

Elle marque une pause. Quelques larmes tombent de mes joues, tachetant la table de pierre, aussi froid et dur que le cœur de cette femme.

Elle ajoute :

Dans la paume [BxB]Des histoires addictives. Découvrez maintenant