Chapitre 54 : Fin de la guerre

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En voyant à quel point il saignait, François pesta et prit une profonde respiration avant de continuer. Il avait mal et se sentait de plus en plus fatigué mais ne pouvait pas se permettre d'abandonner. Il se traîna d'un pas lourd et titubant, non plus seulement à cause de la blessure, mais également à cause du vertige qui le harcelait. Ce fut en se tenant à ce qu'il pouvait qu'il put arriver à l'étage inférieur.

Fort heureusement pour lui, la salle de réunion n'était pas très loin et il lui fallut beaucoup moins de temps pour y arriver. Afin de ne pas s'évanouir, il se frappa la blessure à la jambe, ce qui lui arrachait un cri de douleur mais lui permit de garder conscience. Comme lui avait dit Amon, il vit qu'un passage censé être secret était ouvert dans un mur et qu'il menait directement à des escaliers descendant. 

Le français se traîna pour prendre le passage mais un vertige le fit s'effondrer et il fit une longue chute dans les escaliers. Il ne savait pas s'il s'était encore plus blessé car, à sa grande surprise, il ne sentait plus rien. Après de longues secondes où sa respiration devint de plus en plus lente, il parvint à trouver la force de se relever et de marcher dans le très long couloir qui s'offrit à sa vue.

Tout le long du trajet, il pensa à ses proches pour se donner du courage. Il demanda pardon intérieurement à Sélène et ne put s'empêcher de lâcher un petit rire en l'imaginant furieuse contre lui. Il demanda pardon à Betty et à ses enfants de cette longue absence et se demanda comment il sera accueilli chez lui. Il se disait que la première chose qu'il fera en rentrant sera de serrer tout le monde dans ses bras.

Ces pensées lui permirent d'ignorer la longueur du trajet et le fait qu'il laissait une traînée de sang derrière lui. Une fois devant, il ouvrit la lourde porte en fer qui se dressait sur son chemin et traversa le vestibule. Il se retrouva directement dans une salle à manger, avec une longue table dressée entourée de dorures et de tableaux de divers dirigeants allemands. Au milieu de la table, un gâteau au chocolat très entamé trônait. 

Les assiettes avec les restes autour confirmèrent qu'il s'agissait du dernier repas des convives. Convives qui, pour la plupart, étaient morts, gisant autour de leur assiette, le visage crispé de douleur. C'était des femmes et des hommes vêtus soit de manière noble, soit en tenue militaire de haut gradé. En voyant leur visage, François sut ce qu'il s'était passé : Ils étaient mort par empoisonnement.

Il ne restait plus qu'une personne vivante à cette table. C'était un homme brun, coiffé avec une raie sur le côté, aux yeux petits et noirs. Il avait également une très petite moustache, située juste sous son nez et qui ne dépassait pas les narines en terme de longueur. Il était vêtu d'une tenue militaire brune avec un brassard rouge sur lequel était inscrite une croix gammée. François sut directement qui c'était. 

Il avait vu moult fois son portrait dans les rues. C'était le fameux "führer", l'homme responsable de la folie de l'Allemagne, l'extermination, la persécution, les camps, la guerre, tout cela, c'était à cause de ce survivant. Le français usa le très peu de forces qu'il lui restait pour le viser tandis que le dictateur leva ses yeux vers lui sans rien dire. Après quelques secondes de silence, le quadragénaire grogna ironiquement :

-Heil...Hitler !

Avant de tirer à de multiples reprises sur sa cible. Il tira encore et encore, jusqu'à ce que son chargeur soit vide. Il tira une dizaine de fois encore avant de se rendre compte que son arme n'avait plus de détonation. Suite à cela, il la lâcha mollement et se traîna pour sortir du bunker. Il entendit de l'agitation aux étages supérieurs, ça ne parlait pas allemand mais russe, certainement les soviétiques commençaient-ils à envahir le palais. 

Mais François avait conscience d'une chose : C'était trop tard pour lui. Il ne savait déjà pas d'où il avait pu avoir la force d'arriver jusqu'ici mais il n'en avait plus. Alors qu'il entendit des bruits de pas dans les escaliers, il mima un pistolet avec ses doigts et pointa sa tempe en murmurant :

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