Chapitre 08 : Amon Goth

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Après avoir fini leurs cafés, le duo se mit en route. Ils prirent une automobile qui attendait le sergent à quelques mètres et qui les emmenèrent sur les routes d'Allemagne.  Durant le trajet, l'officier allemand expliqua qu'ils allaient loger pour la nuit chez un supérieur à lui, l'adjudant Amon Goth qui était en charge d'une surveillance d'un ghetto de juifs à Hanovre. Fatigué de son voyage, François profita de la route pour faire une sieste.

Il fallut deux heures de voyage pour enfin arriver à Hanovre. Sur le trajet, le véhicule longea les limites du ghetto. Vu de loin, ça ressemblait à un quartier comme tous les autres, sans doute un peu plus pauvre que les autres mais rien de problématique. Par contre, en regardant plus précisément les habitants, on pouvait se rendre compte que quelque chose n'allait pas. Déjà, les militaires étaient bien plus présents et bien plus violents que d'habitude.

Ils semblaient là à la base pour surveiller que les juifs habitant le ghetto ne puissent pas en sortir mais ils ne se privaient pas de brutaliser des personnes qui ne demandaient rien. Mais ce qui était réellement intriguant, c'était un insigne que portaient les habitants qui n'étaient pas des militaires. Chacun d'entre eux portait sur ses vêtements une étoile jaune cousue :

-Qu'est-ce que c'est que cette étoile ? Demanda François.

-Un moyen de savoir qui est un juden ou pas ! Répondit Ludwig.

Quelques minutes plus tard, la voiture s'arrêta devant un grand hôtel aux alentours. Après avoir déchargé ses bagages, le français suivit l'officier dans les escaliers jusqu'à une suite au troisième étage :

-Je pense que le  Oberscharfuhrer est sur le toit ! Installez vous et rejoignez nous lorsque vous serez prêt !

Acceptant l'offre avec une certaine joie, François salua sont interlocuteur avant de rejoindre sa suite. Après s'être rafraîchi et avoir sorti des affaires de rechange pour demain, le visiteur grimpa les derniers étages restants. Une fois sur le toit, il vit Ludwig, au garde à vous, en train de parler allemand avec ce qui semblait être un autre officier trentenaire. En réalité, il était difficile de savoir si c'était le cas car il ne portait qu'un débardeur blanc et un pantalon civil beige maintenu avec des bretelles.

Mais de ce que le nouvel arrivant pouvait voir, c'était un homme avec une bien plus grande stature que Ludwig. Sa tenue laissa entrevoir un physique athlétique et rustre. Il avait de larges oreilles, était mal rasé et contrairement au sergent, n'avait pas pris le temps de coiffer ses cheveux bruns. L'inconnu alluma une cigarette dans sa bouche lorsqu'il vit le visiteur :

-C'est lui, le français ? Demanda-t-il dans sa langue.

Surpris de la question, Ludwig se retourna et fit les présentations quand il aperçut son invité :

-Monsieur Resses, je vous présente l'adjudant Amon Goth ! Mon adjudant, voici monsieur François Resses qui doit rencontrer le fuhrer demain !

En se levant, Amon tenta de jouer les fiers à bras en affichant sa musculature. Mais François n'en fut nullement intimidé : Des vantards, il en avait suffisamment maté lors de la Grande Guerre pour ne pas se laisser impressionné.  Bien que l'officier allemand ne lui inspirait aucune sympathie, il tendit sa main poliment en glissant un "enchanté" de courtoisie. Mais, manifestement, le militaire s'en fichait et semblait plus intrigué par la blessure à la tempe de son interlocuteur.

Cette impression qu'eut ce dernier se confirma lorsque l'adjudant demanda en pointant la cicatrice du doigt :

-C'est pas une blessure ordinaire que vous avez à la tête...Blessure de guerre ?

-Oui, au front durant la Grande Guerre...

Un petit silence flotta quelques secondes avant qu'Amon n'éclata de rire durant quelques secondes avant de répondre :

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