Chapitre 8 - partie 2/3

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Dès qu'il avait quitté Anthéa la veille, Brandon s'était empressé de chercher une corde et une planche de bois. Il cela n'avait pas été trop difficile. Il avait trouvé la planche dans le tas de bois qui devait servir l'hiver prochain. La corde, elle, il l'avait « emprunté » pour une durée indéterminée .

À présent, il enroulait la corde sur une grosse branche, fit des nœuds. Anthéa s'assit calmement dans l'herbe, sans le quitter des yeux. Elle espérait vivement qu'il n'allait pas glisser !

Après ce qui lui parut être une éternité, elle put enfin respirer normalement en le voyant toucher la terre ferme. Il récupéra le bout de bois, fit passer les deux bouts de corde dans les trous, et fit un nœud. Anthéa avait un énorme sourire aux lèvres.

Il était vraiment trop mignon.

Il se tourna vers elle, et l'invita d'un signe à essayer la balançoire de fortune. Elle se dirigea donc vers la balançoire, mais avant même de l'essayer, elle s'approcha de Brandon et, doucement, se pencha pour embrasser sa joue. Brandon resta figé un instant, avant de se ressaisir en reculant sa tête pour la fixer avec stupeur. Anthéa se retint de rire en voyant qu'il essayait de rester impassible.

Elle se décida enfin à s'asseoir sur la balançoire. Elle se fit balancer doucement comme elle avait vu la fille de l'orphelinat le faire la veille.

Sans qu'elle s'en rende compte, Brandon passa derrière elle et exerçant une douce pression sur son dos, il la fit balancer de plus belle.

Anthéa adora la sensation du vent contre son visage, sentir ses cheveux se soulever au gré des mouvements de la balançoire, le doux balancement des feuilles au-dessus d'elle. Sans se retenir, elle se mit à rire légèrement. Elle ressentait en cet instant une sensation de liberté, comme si le temps qu'elle passait suspendue au-dessus du sol la tenait pendant un instant coupé du monde.

Tournant la tête sur le côté, elle put voir furtivement Brandon qui souriait, les yeux pétillants.

Quand il remarqua qu'elle le regardait, il essaya de cacher un peu son sourire en regardant sur le côté. Elle le vit rougir. Cela l'amusait de voir à quel point il était gêné par le fait de montrer ce qu'il ressentait. Il faudrait qu'elle l'aide à s'ouvrir un peu plus, à lui montrer qu'extériorier ses sentiments n'étaient pas une preuve de faiblesse comme il semblait le penser. Cela prendrait très certainement du temps, mais elle y parviendrait.

Elle s'en faisait la promesse.






Une bonne demi-heure devait s'être écoulée quand ils quittèrent la balançoire pour regagner le bord du lac.

Comme à leur habitude, ils s'assirent sur l'herbe tendre, profitant de la compagnie de l'autre dans ce lieu qui semblait n'appartenir qu'à eux. Ici, ils se sentaient plus chez eux que lui dans son orphelinat et elle dans son château.

Anthéa pouffa avec amusement à cette pensée sous le regard interrogateur de Brandon.

Dit ainsi, cela devait paraître complètement dénué de sens, mais pour elle cela était on ne peut plus logique.

Le château ancestral était certes impressionnant, mais elle s'y sentait plus en prison que comme dans le foyer familial. Elle n'y était pas heureuse, elle n'y était pas elle-même.

Elle jeta un regard à Brandon qui s'était allongé à ses côtés, profitant d'une chose aussi simple que les rayons du soleil sur son visage.

Elle sourit un peu plus.

Elle n'avait pas besoin de toutes les futilités qui incombe la noblesse, la présence de Brandon lui suffisait.

Sans plus attendre, elle s'allongea à son tour près de Brandon, déposant sa tête contre lui. Son sourire s'agrandit en sentant les bras de Brandon se refermer autour d'elle.

Dans son regard - BrandonOù les histoires vivent. Découvrez maintenant