Assise sur sa chaise, Anthéa écoutait les explications de Frederick en balançant légèrement ses pieds d'avant en arrière. Elle avait pris soin d'ouvrir la fenêtre en prétextant comme à chaque fois qu'elle aimait profiter du climat extérieur pendant ses leçons. Ils avaient de la chance que c'était le printemps parce qu'il allait être compliqué de continuer ainsi à l'approche de l'automne. Mais bon, chaque chose en son temps, elle aurait bien le temps de trouver une solution d'ici là.
Le cours devait avoir commencé depuis une bonne heure quand Anthéa entendit Brandon éternuer.
Frederick releva instantanément la tête vers Anthéa. Celle-ci, en panique, fit semblant d'éternuer. Le pasteur allait se replonger dans son cours quand un nouvel éternuement s'éleva.
Anthéa grimaça. Cette fois-ci, le pasteur n'avait pu manquer de remarquer que ce n'était pas elle qui avait éternué.
Il se dirigea d'un pas décidé vers la fenêtre grande ouverte. Anthéa tenta bien de le retenir, mais se penchant au-dessus de l'encadrement en bois de la fenêtre, Frederick découvrit avec stupeur Brandon, assis par terre.
Brandon le regarda, d'abord surpris. Puis, se levant, il chercha du regard Anthéa.
— Eh bien, puis-je savoir ce que vous faites derrière cette fenêtre jeune homme ?
Malheureusement pour lui, il avait parlé si vite que Brandon n'était pas sûr d'avoir tout compris. Il fixa donc le pasteur, sans rien dire, quand Anthéa vint à son secours.
S'approchant de la fenêtre, elle s'interposa entre les deux comme pour protéger Brandon.
— Pardonnez-le, Monsieu... Fred. Ce n'est pas de sa faute, mais la mienne. C'est moi qui lui ai dit de se mettre ici pour qu'il puisse suivre le cours.
— Pour qu'il suive le cours ? répéta Frederick, incrédule.
— Oui. Brandon ne sait pas encore très bien parler et il ne comprend pas complètement l'anglais, alors je me suis dit que ça pourrait l'aider.
Frederick haussa les sourcils, surpris.
— Et d'où vient... Brandon, c'est cela ?
Brandon hocha la tête silencieusement.
— Il vient de France !
— Hum, je vois.
Se tournant vers Brandon, il lui dit quelques mots en français. Les yeux de Brandon s'ouvrirent tout grand. Il dit à son tour quelques mots en français.
Anthéa, elle, se contentait de les regarder chacun son tour, ne comprenant pas un traître mot de ce qu'ils disaient. Et dire que cette langue étrange semblait parfaitement compréhensible pour Brandon.
Finalement, Frederick hocha la tête, puis se tourna vers Anthéa. Celle-ci sautillait d'un pied sur l'autre, redoutant le sermon qu'allait sûrement lui faire le pasteur pour ce qu'elle avait fait.
— Vous allez me punir ?
Le pasteur sourit, et dit amusé :
— Le devrais-je ?
Comme Anthéa ne répondait pas, il rit de nouveau avant de lui ébouriffer légèrement les cheveux affectueusement.
— Je ne vais pas te punir Anthéa, même si tu n'aurais pas dû faire cela. Si ton père l'apprenait, il serait furieux... c'est pourquoi nous ne lui dirons rien.
Anthéa releva la tête, surprise.
Frederick lui adressa un petit clin d'œil.
— Vous voulez dire que vous ne direz rien à mon père ?
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Dans son regard - Brandon
Fiksi SejarahAngleterre, XIXe siècle. Ils n'étaient pas désirés, ils n'ont pas été aimés. En route vers la résidence de campagne de son père, la fille du duc de Bellington pense enfin entrevoir le bonheur. Si elle a perdu depuis longtemps l'espoir d'être aimé, A...
