Chapitre 27 - Pensées interdites.

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La Havane, Cuba.
22h45.

Rayan


Je griffonnais mon cahier, celui où j'avais les adresses de toutes les favelas de Cuba. Notre objectif était de pouvoir s'allier avec le chef : Enrico Javasco.
Cet homme sans scrupule et dont la réputation le précédait pouvait nous être utile. En effet, plus nous nous trouvions des partenaires dans nos affaires de drogue, plus florissantes elles seraient.

Le seul problème c'est que Vlad avait énormément de peine à faire confiance. Il était comme ça. J'étais assis sur un vieux sofa à l'accueil d'un hôtel cubain, il n'était pas beau mais j'avais préféré prendre le moins fréquenté de la ville pour que cela soit plus sûr. En plus, je n'aimais pas le luxe. Je tournais la page de mon cahier et je commençais à écrire mes pensées. J'aimais beaucoup faire ça quand je me sentais stressé, lorsque j'écrivis trois pensées qui me vinrent à l'esprit un léger sourire se forma sur mes lèvres.

Elle est belle comme une fleur.
Elle est belle comme une étoile dans le ciel.
Elle est belle comme une perle rare.

Je sentis ma culpabilité monter face à mes pensées interdites. Car oui, elles n'étaient pas envisageables. Jamais. Toutefois, malgré moi je ne pouvais m'empêcher de penser à elle, à son parfum, à son rire, à son sourire, à ses yeux verts, à ses légères taches de rousseurs sur les joues, et enfin à sa cascade de cheveux ondulées couleur légèrement mielle.

Pourquoi elle m'était interdite à moi et accessible à lui ? Ce n'était pas juste. Elle m'avait écoutée comme personne ne l'avait fait. La seule. Pourtant, elle lui appartenait. J'avais remarqué comment il attardait toujours son regard sur elle, comment il aimait la torturer mais aussi la protéger. Il était prêt à tuer n'importe qui qui s'approcherait de trop près d'elle.

Je me surprenais souvent à le voir toiser Rowan lorsqu'elle jouait avec lui au poker. Il détestait la voir être auprès d'autres hommes que lui.
Oui, elle était à lui et à lui seule, il n'y avait aucune autre issue possible.

Un rictus mauvais provoqué par un sentiment d'injustice et de jalousie se forma sur mon visage, j'arracha brutalement la feuille de mon cahier et la mise en boule, puis je me dirigeai précipitamment vers la poubelle devant le bureau de la réceptionniste. Je jetai les pensées que je n'osais pas prononcées à voix haute mais que j'avais osé écrire une fois.

La réceptionniste dont les énormes lunettes gâchait son visage leva la tête en ma direction puis m'indiqua :

- Votre chambre est prête, voici votre clé.

- Ce n'est pas trop tôt, grommelais-je.

Je la récupérais puis je me dirigeai en direction des escaliers. Je soupirais lourdement avant de monter les marches penaudes.

Ben oui, pas d'ascenseur pour ce genre d'hôtel.

Depuis quelques jours, tous m'irritaient très rapidement. Je soupçonnais que cela était dû à mon sentiment d'injustice causé par l'amour que j'éprouvais pour elle. Elle qui obnubilait mes pensées nuits et jours. Je finis par arriver en haut d'un long couloir où se trouvait les chambres et je longeais celui-ci afin de trouver la mienne.

J'arrivais enfin devant ma porte, j'ouvris celle-ci avec la clé. Avant d'entrer dans la pièce, je pris une grande inspiration. La chambre était froide, les murs décorés d'une tapisserie vieillotte étaient dépeints, une odeur de renfermé régnait à l'intérieur.

Charmant tout ça.

Vlad comptait rentrer demain, il avait passé un mois en Chine à collaborer avec les producteurs Chinois. Je soupçonnais également qu'il fuyait quelque chose, je n'arrivais pas à trouver quoi. Il n'était jamais parti aussi longtemps d'Úlazana. C'était inhabituelle et particulièrement étrange. Je n'avais pas cherché à en savoir plus, comme vous l'aviez compris, il me tapait sur les nerfs depuis quelques temps.

Depuis qu'il t'a menacé parce que tu aimes Thaïla.

Demain, je devrais convaincre Enrico Javasco de s'allier avec Vlad. Cela n'allait pas être facile puisque Vlad lui-même ne s'était pas déplacé pour le rencontrer. Je lui avais pourtant recommandé de le faire.

Quel têtu celui-là.



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