Chapitre 45 - Retour aux sources.

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Thaïla

Mes paupières s'ouvrirent lentement, éblouies par la lumière intense de la pièce où je me trouvais. Je jetai un coup d'œil autour de moi et remarquai une perfusion plantée dans mon bras, ce qui me fit grimacer. En balayant la pièce des yeux, je constatai que ce n'était pas une chambre d'hôpital.

Je poussai un soupir, ressentant une douleur lancinante à la tête. Soudain, la porte s'ouvrit et Vlad entra. Dès que nos regards se croisèrent, je perçus une colère dévastatrice dans ses yeux. Une vague de culpabilité m'envahit pour mon geste, qui n'était au fond qu'un acte désespéré face à toutes les horreurs dont j'avais été témoin.

Je sais que tu es en colère, mais j'ai fait ça parce que je ne supporte plus de me regarder dans une glace, dis-je en baissant les yeux, incapable de soutenir son regard.

J'entendis ses pas se rapprocher, et une appréhension grandissante me saisit.

Regarde-moi, ordonna-t-il sèchement.

Je levai les yeux vers lui, et sa froideur innée me fit frissonner. Était-ce de la peur ou de l'admiration ? Sa main caressa doucement ma joue, un geste qui me troubla profondément. Je n'étais toujours pas habituée à ces rares moments de tendresse.

Je suis désolé, Thaïla, murmura-t-il.

Je n'en croyais pas mes oreilles. Vlad Diáz s'excusait pour la première fois. Était-ce un rêve ? Je restai silencieuse, déconcertée par cette phrase inattendue.

Ce n'est pas toi qui as tué ces hommes, continua-t-il.

Si tu les as tués, c'est à cause de moi, reprit-il. Je suis responsable de tes tourments. Je t'ai forcée à vivre à mes côtés. Je t'ai kidnappée, menti, torturée mentalement, juste pour voir jusqu'où tu pourrais tenir. Je voulais te tester, te souiller, parce que tu étais la chose la plus pure que j'avais jamais rencontrée. Maintenant, tu veux mourir, mais je te l'interdis. Ne me laisse pas gagner. Ne meurs pas, Ositó. La seule personne qui mérite de mourir ici, c'est moi. Toi, tu mérites de vivre.

Je laissai échapper un rire sarcastique.

Oh, le grand Vlad Diáz dit que je mérite de vivre ! Quelle bonne nouvelle ! Et tu penses vraiment que ça va me donner envie de continuer ? Ton approbation ? Je n'ai pas besoin que tu me dises si je mérite de mourir ou non. Tu n'as aucun droit de décider de ce que je mérite.

Alors, tu refuses de me pardonner ? demanda-t-il.

Mes yeux s'emplirent de larmes. C'était toujours le même scénario : Vlad me faisait souffrir, je pleurais. Quand cette routine malsaine prendrait-elle fin ? J'en avais assez de nos disputes incessantes.

Oui, je refuse. Tes excuses ne valent rien.

À ces mots, il quitta la chambre en claquant violemment la porte derrière lui. Je m'attendais à une réplique cinglante comme à son habitude, mais cette fois, elle ne vint pas.

Je décidai de me lever et quittai la chambre à mon tour. En ouvrant la porte, je me retrouvai dans un long couloir, situé à l'étage. C'était la demeure que j'avais aperçue avant de perdre connaissance. Le sol en marbre blanc, froid comme la glace sous mes pieds nus, me fit grimacer. Des tableaux et quelques statues ornaient les murs. Aussi détestable qu'il soit, je ne pouvais nier que Vlad avait du goût pour la décoration.

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