Néra Fores:
Le stress me rongeait de l'intérieure, dévorant peu à peu mes entrailles jusqu'à me laisser une soudaine impression de vide. Je me sentais vide, à nouveau..
Comme la dernière fois, j'étais postée devant cette porte et je ne savais pas quoi faire. Devais-je rentrer ? Ils ne voulaient probablement pas de moi.. Devais-je partir ? Ça les briserait mais ils ne seraient pas étonnés d'une énième déception.
Putain de merde pourquoi étais-ce si compliqué ?
Lorsqu'on est éloigné des personnes auxquelles on tient, il est tellement plus aisé de les blesser sans remords, parce qu'on ne constate pas immédiatement les dégâts que nous créons. Mais maintenant que je devais me retrouver face à ces mêmes personnes que j'avais délaissé, face à leurs regards haineux et avide de réponses, je perdais mes moyens.
Allez un peu de courage Néra, si tu pars maintenant tu pourras définitivement tirer un trait sur les dernières personnes de ta famille. Un petit effort..
J'étais toujours devant cette porte indécise, me bouffant les ongles jusqu'au sang mais quand la porte s'ouvrit d'elle-même, laissant apparaître un visage que je n'avais pas vu depuis 5 long mois, je compris que je n'avais plus vraiment le choix.
Elle souriait et ça m'angoissait. Etais-ce un sourire de façade ? Surement.
-Ma puce tu es là, entre au lieu de rester sur le paillasson, dit-elle en m'invitant à rentrer d'un geste simple de sa main.
Ma puce. Elle continuait à me donner ce surnom affectueux qu'elle me donnait quand j'étais plus petite, quand j'étais encore jeune et innocente, quand je faisais encore partie de cette famille, avant que je ne détruise tout. Encore une fois je me mentais, c'était faux, il n'y a pas eu de période de lancement, c'était quelque chose que j'avais toujours fait: détruire. Je le faisais depuis ma naissance, la seule différence avec aujourd'hui était que je m'en rendais dorénavant compte.. Je n'aurais jamais dû voir le jour, c'était une certitude, une douloureuse certitude.
Tout ressortait d'un coup et cette horde de souvenirs que je transportais depuis si longtemps, devenaient soudainement trop lourds à pour mes simples épaules.
Mes yeux me piquaient et je baissais instinctivement la tête, ne voulant pas exposer ainsi la tristesse qui commençait lentement à me consumer.
Elle ne le méritait pas. Elle ne méritait pas que je l'embête avec de telles futilités, surtout sachant qu'elle a également énormément souffert de la situation. Surement plus que moi.
Des bras chaleureux m'encerclèrent sans que je ne demande rien, je n'avais pas besoin de cela, elle a toujours réussi à cerner ce dont j'avais besoin. Et actuellement elle avait encore raison, j'avais besoin de tendresse et de chaleur pour rompre ce cercle de violence et de douleur. J'avais besoin d'amour et de compassion pour enfin me sentir bien dans ma peau. J'avais besoin de soutien et d'aide pour enfin oublier ce passé qui me bouffait de l'intérieur. J'avais besoin qu'on me voit et qu'on me comprenne et actuellement elle me donnait tout ce dont j'avais besoin.
Tu es si égoïste.
Égoïste.
Égoïste. Tais toi.
Encore une fois, tu fais passer tes besoins avant ceux des autres.. une éternelle égoïste.
Non. Si. Cette petite voix qui faisait partie intégrante de mon corps et de mes pensées venait à nouveau abattre la réalité que je n'osais admettre, pourquoi étais-je ainsi ?
-Tu fais partie de la famille Néra, rentre.. rentre à la maison ma puce.
Ces mots.
Pourquoi ces mots me faisaient autant de bien que de mal ?
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Whispers from beyond
RomansaNéra est étudiante à la faculté de droit. Sa vie semble parfaite: bonne élève, sportive, possède un appartement et a un avenir prometteur. Mais connaissez vous la phrase: "les apparences sont souvent trompeuses"? Surement. Au cas où ce ne serait pas...
