ℂ𝕙𝕒𝕡𝕚𝕥𝕣𝕖 𝕍𝕚𝕟𝕘𝕥-ℍ𝕦𝕚𝕥

42 8 14
                                    

"Life is like a board game some of the time

Mistakes and heartbreaks are no crime

But there's a lot we've been through under broken skies"

The Show - Niall Horan

07 h 59, Elisa

Hey Didi !

Dispo' pour que l'on se voit aujourd'hui ?

Je sais que ce n'est pas une journée facile pour toi...

Et je ne veux pas que tu la passes seule, appelle-moi

dès que tu as mon message, je m'inquiète.

Bisous

Je venais de recevoir ce message de ma meilleure amie sur mon portable. Je savais qu'elle allait s'inquiéter. J'en avais aussi reçu un de la part de Mylène, de Sebastian ainsi que d'Andréa. Pourtant, je ne leur avais pas répondu. J'avais juste envoyé une rapide réponse à Zaza, histoire de la rassurer.

08 h 10, Moi

Coucou,

Pas dispo, tournage toute la journée.

Ça va, t'en fais pas, je gère.

Je posai mon téléphone. Je ne voulais pas être dérangée. Je ne voulais pas parler. Je voulais être seule. Être seule et laisser ma peine couler. Étendue sur mon matelas, mes yeux étaient rivés au plafond. Cela faisait des heures que j'étais dans cette position.

J'avais manqué le dernier passage du train dans la gare du sommeil. Je n'avais pas dormi de la nuit. Je n'avais fait que bosser sur mon roman. J'avais tellement charbonné que la fin était bien plus proche que ce que je pensais. Bien plus proche...

En temps normal, à cette heure-ci, je devais être sur le point de partir pour les studios. Pourtant, ce matin-là, j'avais envoyé un court mail aux producteurs pour leur signifier mon absence, prétextant une poussée de fièvre.

Un mensonge.

Ma température corporelle était de ce qu'il y avait de plus normal au monde. J'allais bien physiquement. Bien que mon cœur, lui, était brisé. Dans tous les sens du terme. En revanche, mon esprit était en pièces. Et depuis des années, je tentais de le rapiécer comme je le pouvais.

Continuellement, depuis des années, une douleur sourde m'habitait. Elle était là, en toutes circonstances. Je ne savais même plus vivre sans elle. Ça m'était devenu complétement impossible.

Mon cœur saignait et personne ne s'en apercevait. J'étais la seule à voir, à sentir ce liquide rouge, quitter l'intérieur de mon être, l'intérieur de mon âme. Il affluait vers la sortie, névrosant en même temps chaque tissu de mon organe, chaque vaisseau sanguin.

N'en pouvant plus du silence pesant qui m'entourait, je finis par attraper mon téléphone auquel je branchais mes écouteurs. Avant de lancer cette playlist.

D&I.

Elle regroupait toutes mes chansons préférées. Et celles d'Isaac. Cette playlist nous l'avions formée ensemble, quelques jours avant son départ précipité. Depuis, une fois par an seulement, je me la mettais en boucle. Le reste du temps, je n'en avais pas la force. Mais chaque année, depuis six ans, le même jour, je lançai cette playlist qui me bousillait le cœur.

Compagnons D'âmes VagabondesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant