ℂ𝕙𝕒𝕡𝕚𝕥𝕣𝕖 𝕋𝕣𝕖𝕟𝕥𝕖-𝕊𝕚𝕩

39 5 6
                                    

"I live until I die

Won't fail unless I try

Bleeding, keep on breathing"

Higher Ground - Imagine Dragons

Cholangiocarcinome intra-hépatique. Plus connu sous le nom de cancer des voies biliaires.

Voici ce qui me rongeait de l'intérieur. Cette nouvelle grande meilleure amie avec qui j'allais devoir apprendre à cohabiter dans mon propre corps. Le premier diagnostique des médecins s'avérait juste.

En temps normal, le taux de survie à ce cancer était particulièrement faible voire inexistant. Il était souvent diagnostiqué trop tard, lorsque son stade était trop avancé. A ce moment-là, il n'y avait plus grand chose à faire. Juste accompagner le patient, le plus confortablement possible, en soins palliatifs.

En fait, ironiquement, ce malaise cardiaque que j'avais subi, était un mal pour un bien. J'aurais pu finir avec des séquelles irréversibles et douloureuses, oui, mais en même temps, ça m'avait sauvé la vie. Ce que je peinais à croire, très honnêtement...

En ce qui me concernait, mon cancer avait été pris en charge relativement tôt, ce qui était une très bonne chose. Il mesurait à peine dix centimètres et ne touchait qu'une assez petite partie de mon foie, ce qui était rare, ce type de tumeur se développant très vite. J'avais énormément de chance et je le savais.

Les médecins avaient donc décidé de me mettre sous traitement de chimiothérapie pendant six mois. Mes cures seraient deux fois par semaine, le mardi et le vendredi, en continu. Elles promettaient d'être intensives et dures, mais je savais que c'était, au fond, pour mon bien. Le corps médical ne voulait pas m'en mettre moins pour éviter que le cancer ne se développe de trop.

Passés ces six mois, j'aurais toute une lignée d'examens à subir pour voir où en était la progression de ma nouvelle amie, bien que j'aurais des contrôles très réguliers entre temps. Si le cancer diminuait de taille, je devrais subir une opération pour réséquer la totalité et laisser des marges saines. Par la suite, j'aurais encore des séances de chimiothérapie, cette fois-ci en continue, pendant plusieurs mois encore. Ces derniers étaient encore à définir. Tout dépendait du bon déroulement de l'opération.

Très honnêtement, je trouvais cela vraiment utopiste. Et je n'y croyais pas. Lors de mon premier cancer, il y avait bien une chose que j'avais apprise. Ne jamais prévoir de plans sur une trop longue durée en ce qui concernait le cancer. Le plus souvent, ils tombaient à l'eau.

J'avais commencé mon traitement depuis un bon mois déjà. Les séances n'avaient pas été trop dures encore. Je passais juste le lendemain dans mon lit à dormir. Toutefois, j'allais bien. Et je n'allais certainement pas m'en plaindre.

Chaque fois que j'allais à l'hôpital, j'étais accompagnée. Que ce soit par Elisa, Sebastian, Andréa, mes parents ou même Chris. Ce dernier s'en voulait quand il ne pouvait pas m'accompagner ou rester avec moi. Il venait, cependant, à chaque fois, me chercher à la fin de la séance.

Autrefois, je recevais mon traitement à l'hôpital de San Diego, ce qui expliquait l'achat de mon appartement, non loin de ce dernier. Néanmoins, maintenant, j'allais à Los Angeles. L'oncologue qui me suivait avait été muté là-bas et je n'avais pas envie de changer de médecin. Il avait mon entière confiance et il était très doué. De plus, il me connaissait, moi et mon dossier, ce qui aidait grandement.

Alors j'effectuais les allers-retours là-bas, parfois en voiture, parfois en train. C'était fatiguant, je devais l'avouer, mais au moins, je pouvais voir Chris régulièrement.

Compagnons D'âmes VagabondesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant