J-0
Denise avait amené un couteau avec elle. Dans son sac. Elle n'était pas venue pour une visite de routine.
Dès que je remarquai la lueur argentée, je me séparais d'elle, la terreur sur le visage.
— Denise... Mais qu'est-ce que ça signifie ? Je t'ai pourtant dit que je ne voulais pas de ça !
— Je ne t'écouterai pas, Blasée. J'ai d'autres objectifs plus grands en tête. Vous me remercierez tous dans les livres d'histoire. Je vous ai sauvé d'une terrible vie. En attendant que les poubelles soient sorties, un éboueur récolte du dégoût.
Elle regarda ensuite sa montre, et sourit.
— Parfait. C'est l'heure de donner le goûter au petit garçon.
La porte d'entrée de la maison s'ouvrit, et j'entendis Armand se débarrasser de son sac et ses chaussures avec hâte avant de courir dans la cuisine. Sa mère le réprimandait, avant de se plaindre de devoir ranger ses affaires.
Denise me regarda ensuite dans un grand sourire.
— C'est une joie d'avoir une famille aussi ponctuelle. Tu ne trouves pas ?
Je devins aussi pâle que la mort.
Denise sortit le couteau de son sac et fonça sur la porte du cabinet.
— Toi, tu restes bien sage ici. D'accord ?
Puis elle sortit en fermant la porte à clé. Depuis quand avait-elle la clé ?
J'étais enfermée, seule dans la petite pièce, alors que Denise était partie chasser ma famille, une arme blanche à la main.
Je ne pouvais pas laisser passer ça.
Je sais que j'avais dit que je les détestais. Je sais que j'avais dit que je ne voulais plus les voir. Mais je ne pouvais pas... C'était trop cruel.
Malgré moi, des larmes coulèrent sur ma joue, alors que je me jetai sur la porte du cabinet. Je tentais d'ouvrir, en vain.
— Putain ! Ça peut pas se finir comme ça. Ça peut pas se finir comme ça !
Je lâchais la porte un court instant pour prendre mon téléphone et contacter les forces de l'ordre. Ils viendraient, mais j'ignorais quand. Denise aurait probablement terminé son travail avant qu'ils ne mettent les pieds dans la demeure des Guyot.
Une fois que l'alerte fut donnée, je me concentrai sur la porte.
Je tirai et poussai et tournai la poignée dans tous les sens, mais rien ne fonctionnait vraiment.
Un cri de terreur et de douleur résonna dans la maison. Elle avait eu Maman.
— Non... Non !
Je frappai alors la porte de toutes mes forces.
— Ouvrez-moi ! Ouvrez-moi !
Puis ce fut au tour d'Armand de hurler. Puis plus rien.
Mes larmes se versèrent en torrent.
Ce n'était pas possible... Elle n'avait pas osé faire ça à un enfant !
Je frappai et frappai la porte avec tout ce que j'avais. Qu'importe si je me blessais, l'important, c'est que j'aille vérifier qu'ils allaient bien !
Je pouvais forcer, mais rien y faisait. Ce n'était pas une question de force.
Je devais ruser.
Je me retournais alors et fouillais dans les tiroirs de Christelle.
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Rendez-vous avec le mal
Mystery / Thriller⚡ Pour contrer la maitre chanteuse de ses parents politiciens, une jeune femme s'engage dans un jeu de séduction dangereux avec le corbeau ⚡ Pauline, 20 ans et fille d'un politicien homophobe, vit avec honte dans le placard et rêve de se fondre dans...
