X

82 6 4
                                        

J-18

Je savais comment agir. Je n'avais pas d'autres choix. Je devais m'associer à Denise, et sauver ma famille moi-même.

À part le coup de gueule de mon père, la soirée se passa sans accroc. Je revins dans la chambre, et profitai de cette période au calme, sans les effusions dramatiques de mon père pour pouvoir réfléchir à la marche à suivre.

Je pris donc le temps de me noter mon plan pour tourner la proposition de Denise à mon avantage. Après une longue liste d'idées sur comment je pourrais accomplir cela, je trouvais enfin l'idée. La bonne. Mais elle était dangereuse.

Je devrais rassembler beaucoup de courage pour réussir à faire quoi que ce soit de bon avec. Mais bon, je n'avais pas de meilleurs plans.

C'était sur cette note que je partis me coucher, rêvant de succès et de victoire. avec une détermination renouvelée.

En sortant du lit, en me préparant et en troquant mes lunettes contre mes lentilles de contact habituelles, je n'avais plus qu'un seul nom en tête : Denise.

Je devais la retrouver, lui communiquer mon désir d'accepter son plan, et trouver un moyen d'arriver à mes fins sans me faire happer par ses propres plans à elle.

C'était notamment cette dernière partie qui me donnerait le plus de fil à retordre. Parce que si je connaissais mes futures actions, je ne connaissais pas ses plans. La jonction entre nos deux desseins se croiserait et créerait un mélange dont j'ignorais la teneur.

Et puis, ce que j'avais concocté seule dans un coin de ma chambre après 22 h était loin d'être sans risque. Comment faire pour qu'elle ne se doute de rien ? Ça n'allait pas être le plus facile, en effet. Mais j'allais trouver une solution. Je n'avais pas le choix.

J'achevais de me préparer en me brossant les cheveux. Le mouvement de haut en bas me rassurait, et me donnait l'impression que tout irait bien.

Comme il représentait la touche finale de ma routine beauté, je pus attraper mon sac et partir ensuite de la maison, fin prête.

Je retrouvais mes amis à l'école, qui me trouvèrent étrange, par rapport à d'habitude. Compréhensible, ce jour de vendredi n'était pas le même que les autres, mais je ne leur expliquais pas la raison pour laquelle je me sentais différente. C'était trop compliqué. Leur vie l'étant déjà, je ne me sentais pas légitime de leur rajouter une charge émotionnelle.

Je passais la matinée, silencieuse, à écouter à moitié les cours donnés et à rester dans ma bulle, sans répondre à mes amis. J'étais trop occupée à réfléchir à la suite de mon plan pour mettre Denise dans la poche. Quand le glas annonçant midi arriva, je pris congé de Victor et Tristan et me procurais un sandwich dans un des distributeurs automatiques de l'école, avant de m'installer sur un banc, seule.

Je sortis un carnet de notes, et gribouillai mes idées.

Tout d'abord, Denise. Avant de pouvoir penser à la validité et à la dangerosité de mes prochaines actions, je devais la retrouver. Où pouvait-elle bien se trouver quand elle ne déposait pas des lettres de menace à des politiciens corrompus et qu'elle ne commandait pas des fraisiers dans des cafés branchés de la capitale ?

Elle m'avait laissé ni adresse, ni numéro de téléphone, ni nouveau lieu de rendez-vous. Ça n'allait pas être de la tarte.

Pourtant, il fallait bien que je réussisse.

Je tentais de me remémorer des indices qu'elle aurait pu me donner. Il y avait, tout d'abord, la carte Joker qu'elle avait enfouie au milieu des pages du livre que je considérais comme un trésor.

Rendez-vous avec le malOù les histoires vivent. Découvrez maintenant