Je reprends conscience, comme arrachée à un sommeil profond. Une vague glacée de terreur s'empare de moi dès l'instant où mes yeux s'ouvrent. Où suis-je ? Mon regard cherche frénétiquement autour de moi, tentant de comprendre, de me raccrocher à quelque chose de familier. Mais tout ce que je vois, c'est cette chambre... Cette chambre.
Mon cœur s'emballe. Je suis allongée sur le vieux matelas, mes vêtements en lambeaux, exposés. Et il est là, penché sur moi. Alejandro. Son sourire tordu, ses mains brutales. La pièce est emplie de son parfum écœurant, ce même parfum qui hante mes cauchemars.
— Non... non, murmuré-je, les larmes me montant aux yeux.
Je tente de bouger, de le repousser, mais mon corps est comme paralysé par la peur. Je le vois sortir ce qu'il s'apprête à me faire, et le bruit du plastique me vrille les tympans, me ramenant à toutes ces fois où j'ai voulu fuir. Non, pas encore...
Gloomy, Felicity, aidez-moi ! crié-je dans mon esprit, mais aucune réponse. Un silence froid, glacial.
Je comprends alors, avec une terreur grandissante, qu'elles ne pourront pas m'aider cette fois. Mon souffle se fait court, chaque battement de mon cœur résonne comme un tambour funeste.
— S'il vous plaît, pas ça... supplié-je d'une voix brisée, tandis que ses mains glissent sur moi.
La sensation me déchire, me rappelle tout ce que j'ai enterré, tout ce que j'ai voulu oublier.
J'essaie de m'échapper, de me glisser dans un coin de mon esprit où la douleur ne peut pas m'atteindre, mais je suis piégée. C'est réel. C'est ici, maintenant, et je ne peux pas m'enfuir.
— J'aime quand tu te débats, chaton, dit-il d'une voix mauvaise, presque chantante.
Ses mots me frappent comme un coup de poing, arrachant l'air de mes poumons. Mes mouvements sont frénétiques, désespérés. Je dois fuir. Mais son poids me cloue au matelas, m'empêchant de bouger, de respirer. Sa main serre mes poignets, les écrasant contre le tissu sale, tandis que l'autre glisse sur ma cuisse d'une manière qui me donne envie de vomir.
— Non, non, non... haleté-je, les larmes roulant sur mes joues. Tout en moi hurle, se débat, refuse cette réalité.
— Continue, murmure-t-il, son souffle chaud contre ma peau. C'est tellement plus amusant quand tu luttes...
Je ferme les yeux, cherchant à disparaître, à me glisser dans les recoins les plus sombres de mon esprit. Mais je ne peux pas.
Mon corps se raidit alors qu'il s'avance, l'odeur du plastique et de son parfum de luxe me vrillant les sens. Une nausée monte en moi, et je me sens glisser dans l'horreur que j'ai toujours essayé d'oublier.
— Lâchez-moi ! hurlé-je, tentant une dernière fois de repousser l'inévitable, mais ma voix résonne faiblement, engloutie par la pièce, par lui, par tout ce que je veux fuir.
— Maman, je t'en supplie, aide-moi, dis-je, la voix brisée, les larmes coulant sur mes joues.
Chaque mot est une déchirure, un cri de désespoir arraché à ma gorge. Elle est là, quelque part, à quelques mètres à peine. Ma mère. Celle qui aurait dû me protéger, mais qui m'a laissée à la merci de ces monstres.
Je tourne la tête, cherchant désespérément son visage, espérant l'apercevoir, qu'elle surgisse, qu'elle me sauve.
— Maman, s'il te plaît ! crié-je, ma voix s'élevant comme un ultime appel dans le silence oppressant de la pièce.
Mais rien. Pas un bruit. Seule l'obscurité de la pièce me répond, se resserrant autour de moi, étouffant toute lueur d'espoir.
— Personne ne viendra, susurre Alejandro, ses lèvres se posant près de mon oreille. C'est juste toi et moi, comme toujours. Tu m'as manqué, chaton.
Le poids de ses mots m'écrase, me plongeant dans une terreur absolue. Ma poitrine se serre, mon corps se raidit. Elle ne viendra pas. Elle ne m'a jamais aidée.
⸺ Tellement plus bandant quand tu pleures d'agonie. Tu sais à qu'elle point j'aime te voir dans cet état, chaton.
Je n'ai pas le temps de me débattre, pas le temps de crier, qu'un éclair de douleur me transperce. Il glisse en moi, brutalement, sans pitié. Mon souffle se coupe, remplacé par une vague de terreur et de dégoût qui me submerge.
— Non... murmuré-je, la voix brisée, tandis que les larmes redoublent, coulant sans fin sur mon visage.
À l'intérieur, mon esprit vacille, cherche à s'échapper, à se fondre dans l'obscurité. Je veux être partout, n'importe où, sauf ici. La réalité est trop cruelle, trop insupportable. Je veux disparaître, devenir une ombre, quelque chose d'inatteignable. Mais je suis piégée, coincée dans cette horreur qui se répète encore et encore.
Ce n'est pas moi, ce n'est pas moi, me répété-je intérieurement, tentant d'échapper à la sensation, de m'éloigner de mon propre corps. Mais la douleur, le poids, l'odeur, tout est trop réel, trop présent.
Je serre les yeux, essayant d'invoquer Gloomy, Felicity, quelqu'un, n'importe qui pour me sauver. Mais il n'y a que moi, seule, livrée à cet enfer qui me martèle le corps.
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Sky Grimshade, tome 2
RomanceSky Grimshade est un jeune boxeur prometteur, fils d'une famille respectée dans le milieu de la boxe. Pour lui, la vie se résume à ses combats à venir, sa famille et ses aventures sans lendemain. Mais tout bascule lorsqu'une rencontre inattendue ave...
