Les brumes bleues de l'archipel Indigo murmurent que le retour du Mois du Vide est inévitable.
Cette période redoutée est une épreuve de taille pour Nara, la leader désignée de la rébellion Aijiro. Alors qu'elle s'efforce de coordonner la résistance...
La salle de théâtre de la Lanterne Blanche se trouvait juste en face de la maison close du même nom.
Un vieux bâtiment que Yuting avait racheté grâce au succès de ses différentes entreprises et rénové grâce au succès des Nal-Ari. Les soirs où le groupe se produisait, la salle était toujours pleine. Assez ironiquement, la plupart des spectateurs étaient Valtais. Bien que les Valtais nourrissaient une haine spéciale pour les Aijiro, cette haine finissait toujours par les attirer dans le Quartier Ouvert pour adorer les membres de ce groupe de danseurs à l'épée comme ils n'adoraient même plus leur Dieu Ichor.
Cette dynamique illogique jouait en faveur des desseins de Yuting. Il lui suffisait de laisser la nature jouer son rôle incompréhensible dans cette attraction pourtant considérée immorale d'un côté comme de l'autre.
Le maître des lieux faisait le tour de la salle de spectacle, saluant ses prestigieux invités, éblouissant les simples spectateurs, et ne loupant aucun visage. Pas même celui de Cynefin Doubtsworth qui se cachaient sous un chapeau, une voilette et de grosses lunettes noires ; entourée par ses deux gardes du corps féminines. Pas même celui de cette fonctionnaire valtaise qui se cachait elle aussi sous un chapeau de fangirl accompagnée par une adolescente blonde qu'il n'avait jamais vu. L'homme dû se résigner à arrêter de scruter le public lorsque les lumières dans la salle s'éteignirent pour ne laisser que la scène éclairée.
Yuting s'adossa contre un mur et décida de profiter également du spectacle.
Les cinq membres des Nal-Ari arrivèrent sur scène dans leurs costumes traditionnels aijiro sous les cris des fans. Tonbo vint s'asseoir derrière son tambour, Hachi arriva avec sa flûte, Semi vint se placer entre les deux sans même un micro pour faire porter sa voix. Ensuite, vinrent s'installer sur la scène les deux épéistes, Hotaru et Chō, l'un en face de l'autre. Lorsque les lumières se tamisèrent et que le tambour de Tonbo, dont il jouait de sa seule main valide, se mit à résonner dans la salle, le public se tut. Ainsi, pu commencer le spectacle d'une heure où les deux épéistes dansaient comme s'ils savaient flotter sur un sol qui se dérobait sous leurs pieds, où la voix du chanteur et celle des instruments ne semblaient faire qu'une et montant du monde flottant comme un grondement tout en descendant du monde céleste comme un cri. Ensemble, ils transportèrent les spectateurs dans un monde féérique et épique où les mouvements transperçaient l'âme et les sons venaient la soigner immédiatement.
A la moitié du spectacle, Hotaru et Chō se jetèrent l'un dans la direction de l'autre pour simuler un coup fatal qui devait marquer la fin du premier acte. Lorsque leurs épées s'entrechoquèrent, toutes les lumières s'éteignirent dans la salle.
Yuting, se releva du mur contre lequel il était adossé. Il savait que cela ne faisait pas partie du spectacle. Il regarda par les immenses ouvertures qui donnaient vers le jardin du théâtre, il n'y avait plus une lumière dans tout le quartier que celle de la lune et des étoiles. Le lourd silence que l'obscurité avait dragué avec elle, se transforma doucement en murmure et les murmures finirent par se transformer en cris de panique lorsque tout le monde finit par réaliser que cela ne faisait pas partie du spectacle.
— C'est une attaque de rebelles ! cria une personne dans la salle avec un fort accent valtais.
Cette dernière eut à peine le temps de finir sa phrase que les cris se transformèrent en hurlements. Ceux qui possédaient des portables se mirent à allumer les écrans pour se faire de la lumière et s'échapper de la salle. Le brouhaha était tellement important qu'il ne servait à rien de calmer les gens, il fallait juste qu'ils sortent dans la rue pour retrouver leurs esprits.
Yuting quant à lui, se trouvait sur leur chemin. Surpris, il se laissa bousculer jusqu'à ce qu'il se sente tirer par une main ferme vers le jardin du théâtre. La personne qui l'avait sauvé du piétinement le plaqua contre un mur extérieur et se positionna comme un bouclier face à la foule qui continuait de courir hors de la salle avec autant de force que du sang giclant d'une artère. Yuting était rassuré de savoir que quand il était en danger, quelqu'un pensait tout de même lui...
— Je ne pensais pas que tu viendrais à mon secours, dit-il en relevant son merveilleux visage vers son sauveur sous la timide lumière de la lune, S...Il cligna des yeux, réalisant que ça n'étaient pas un visage à moitié caché qui lui faisait face mais un homme aux magnifique cheveux noirs, S... Semi ! s'étonna-t-il.
Ce dernier avait posé ses mains de part et d'autre des épaules de Yuting, pour l'entourer comme un bouclier.
– Je sais que ça n'est pas moi que tu espérais, lui dit-il sans animosité, mais je n'allais pas te laisser te faire écrabouiller parce que tu attendais quelqu'un qui ne viendra jamais.
— Je n'attendais personne, bougonna Yuting.
— Depuis que nous sommes enfants, tu attends toujours la même personne. Comme un imbécile heureux.
Yuting le fusilla du regard, il posa ses belles mains fines sur le torse couvert de soie de Semi et se mit à le repousser doucement.
— Je te remercie pour ton aide, dit-il, bien que je ne te remercie pas pour les compliments qui allaient avec. Il fixa Semi très sérieusement. Cette agitation ne doit pas te faire oublier ta mission de ce soir : tu dois retrouver Mademoiselle Doubtsworth.
Semi se mit à rire.
— Tu ne perds jamais le Nord... on ne sait même pas ce qui vient de se passer et tu m'envoies dans la gueule du loup ?
— Nous ne pouvons plus repousser cette occasion.
— Je pense que nous pouvons mettre en place notre plan sans elle.
Yuting lui sourit, il passa lentement sa main le long de la joue de Semi et lui murmura :
— Ta haine assombrit ton jugement. Cette femme n'est pas un danger tant qu'elle pense que nous sommes ses jouets.
Alors que Yuting tentait d'utiliser ses charmes pour convaincre Semi d'accomplir la tâche qu'il lui avait confiée, son attention fut attirée par une figure haletante qui courait à contresens de la foule droit sur lui. Une femme aijiro aux cheveux courts dans une robe de servante valtaise. Par contre, se dit-il à lui-même sans lâcher le visage de Semi ni sans quitter la nouvelle venue des yeux, cette femme-là est un danger de tous les instants...
🌑🌒🌓🌔🌕🌖🌗🌘
Qui devine qui est la femme qui court vers Yuting ? 🏃♀️
Pour les personnages secondaires, les noms sont plus en lien avec leurs personnalités. Pour Yuting il me fallait un nom aussi élégant et beau que lui. ⊹₊⟡⋆Je voulais quelque chose de paisible et de poétique. ゚ ⋆ ゚ ☂︎ ⋆ ゚"Yǔtíng" vient du chinois et mélange les caractères de la pluie et de la grâce pour donner : pluie gracieuse. ✨ 🌧️ ✨ J'ai enlevé les accents pour faciliter la lecture mais en vrai... pour garder la traduction il faudrait les ajouter. 🙃
✨Votez, commentez et mettez l'histoire dans vos listes de lecture pour ne pas louper les nouveaux chapitres ! ✨
Merci pour votre fidélité ! À la semaine prochaine ! 🥰
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.