Chapitre 27

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Esther ressenti le besoin de s'isoler. Elle s'empara d'un livre posé sur sa table de chevet : Le bonheur des Dames, d'Emile Zola. Cela faisait une semaine qu'il l'accompagnait tous les soirs jusque dans les bras de Morphée.

Comme elle avait encore du temps avant le couvre-feu, elle décida de se rendre à la vieille bicoque. Il y avait peu de chances pour que ses amis y soient. Le soleil était sur le point de disparaître. Les parents d'Anne ne la laisserait pas sortir en pleine nuit dans ce froid. Paul et Jean s'y s'étaient déjà rendus plus tôt dans la journée. Quant à Madeleine, elle avait peur de marcher seule dans le noir et n'osait plus se rendre là-bas depuis que Leonhard avait rejoint leur groupe. La blondinette venait uniquement lorsqu'elle était sûre de ne pas se retrouver en tête à tête avec lui.

Tandis qu'Esther avait la main sur la poignée, elle suspendit son geste lorsque la voix de son père raisonna depuis la cuisine :

- Où vas-tu comme ça ?

- A la librairie, mentit la jeune fille. Il faut absolument que je rende ce livre avant de l'oublier.

- Tu ne peux pas le faire demain ?

- Il vaut mieux que je le fasse ce soir. Et puis je serai rentrée pour dîner, ne t'inquiète pas.

- Bon...

Esther sorti. L'air froid pénétra ses poumons. Elle eut l'impression qu'une fine couche de givre s'étalait sur son visage. Après une seconde d'hésitation, elle resserra les pans de son manteau et commença le trajet. Le ciel affichait de magnifiques couleurs pastelles. Il n'y avait que quelques nuages.La jeune fille marchait d'un pas rapide en espérant se réchauffer mais une fois dans les bois, elle ne put s'empêcher de ralentir pour admirer le coucher du soleil. Les derniers rayons semblèrent embraser doucement la forêt qui parut faite d'or et de miel. On entendait que le chant des oiseaux, et au loin, telle une timide mélodie, le bruit des vagues qui vont et viennent contre les roches des falaises.

Esther ne vit pas le temps passé et lorsque le soleil se coucha enfin, elle s'aperçut qu'il était bientôt 19 heures. La forêt s'assombrit et le vent se fit plus froid. Elle reprit rapidement son chemin et finit par atteindre la clairière au bout de quelques minutes. De la fumée sortait de la cheminée, signe que quelqu'un s'y trouvait, ce qui surprit quelques peu la jeune fille.

D'ordinaire, ils évitaient de faire du feu pour ne pas se faire repérer. Une patrouille qui passerait au mauvais moment aurait eu vite fait de venir inspecter les lieux et de déloger les visiteurs. Mais la bicoque étant à moitié en ruines, le froid s'infiltrait à travers les crevasses et les trous au toit. Ainsi, faire du feu devenait parfois une nécessité.

Esther toqua à la porte selon le code et une voix grave lui répondit. Paul et Jean étaient-ils encore là ? La jeune fille entra et faillit refermer aussitôt la vieille porte branlante en apercevant Leonhard König sur le fauteuil de cuir, en train de lire Le Tour du Monde en 80 jours. Il avait, semble-t-il, eu la même idée que la jeune fille.

- Bonsoir, dit-il en lui souriant cordialement.

- Bonsoir, répondit-elle poliment.

Même après avoir appris à mieux le connaître, elle se sentait toujours embarrassée lorsqu'elle se retrouvait seule avec lui. Esther eut l'idée de donner une excuse pour repartir. « Et si je lui disais que j'avais oublié quelque chose ? » pensa-t-elle. Mais avant qu'elle ait pu ouvrir la bouche, elle vit le regard du jeune homme se fixer sur le livre qu'elle tenait.

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