Chapitre 26

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Esther lisait tranquillement dans le jardin, assise dans l'herbe, pieds nus. C'était Dimanche et toute la famille se reposait ; Il faisait chaud et aucune brise ne soufflait pour rafraîchir l'atmosphère. Sa mère et son père étaient assis sur le petit banc, sous la fenêtre du salon. François faisait une sieste à l'ombre du vieux bouleau. La tête posée sur une racine, les mains jointes sur le torse, Esther pouvait l'entendre ronfler de là où elle était. Le chant des oiseaux mis à part, le silence régnait. Puis son père rompit ce dernier en lançant d'une voix caverneuse :

- J'ai vu Louis.


Tous, à l'exception de François, levèrent des yeux écarquillés vers lui.


- Ah bon ? Mais où ? demanda Marie.


- Au bar du port. Chez Jacques. Il déplace sa petite affaire vers Plouzané, à l'ouest. Il dit qu'il y a moins d'Allemands là-bas. Il a de nouveaux passagers à transporter.

Louis était ce qu'on pourrait appelé, un vieux loup de mer. C'était un homme d'une soixantaine d'années, aux cheveux et à la barbe blanche. Ces yeux semblaient avoir tout vu. Il était pêcheur, comme Pierre mais cumulait également une autre petite activité : il conduisait clandestinement des gens en Angleterre. Il vivait dans une petite cabane en bord de mer, seul, à une dizaine de kilomètres de Rochefort. Pas de femmes, pas d'enfants. Les pêcheurs du village étaient presque tous au courant de son manège. Esther admirait énormément le vieil homme : elle le trouvait très brave. La traversée de la Manche était dangereuse en raison des conditions météorologiques mais aussi des patrouilles allemandes. Le vieux Louis avait déjà aidé des résistants, des soldats alliés ou des civils à fuir en Angleterre. Il avait expliqué à Pierre qu'il avait un relai à mi-chemin qui l'aidait à transporter ces personnes. Même s'il s'était déjà fait intercepté par les Allemands en mer, ces derniers n'avaient jamais découvert quoi que ce soit de suspect sur son bateau. Toutes les personnes au courant lui demandaient souvent comment il faisait pour ne jamais se faire prendre, ce à quoi le vieux pêcheur répondait en s'ébrouant : « Parle à ma barbe ! ».

- Fais attention, chuchota Marie.

Elle regarda autour d'elle comme s'ils étaient entourés d'ennemis invisibles.

- Evites d'être vu avec lui.


- Pourquoi ? demanda son père sans prendre la peine d'être discret. Je sais que tu ne l'aimes pas mais...


- Mais non, persifla sa femme. Ce n'est pas que je ne l'aime pas ! Au contraire, je le trouve très courageux et je respecte ce qu'il fait. Dieu seul sait à quel point on a besoin de gens comme lui aujourd'hui. Mais j'ai peur. Si les Allemands découvraient son petit manège, j'aurais peur qu'ils fassent un lien avec toi.


- Mais enfin Marie, je n'ai rien à voir avec ce qu'il fait.


- Je sais bien mais je préfère prendre mes précautions, expliqua-t-elle. Ils arrêtent n'importe qui pour n'importe quel prétexte. J'ai entendu dire qu'à Paris, il suffisait d'avoir un nez un peu long pour être considéré comme un juif et te faire arrêter ! Ils deviennent fous !

Esther se demanda pendant un bref instant si Leonhard prenait la peine d'observer la longueur de leur nez lorsqu'ils se retrouvaient à la vieille bicoque. Quelle étrange manie. C'était si absurde. Comme si le culte que vous serviez était inscrit sur votre visage ! Quelle idée ridicule !

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