Coucou ! Après une semaine de pose, le nouveau chapitre est enfin en ligne ! Je vous souhaite une bonne lecture ! (et n'oubliez pas de mettre une petite étoile pour soutenir Esther et Leonhard)
Les jours qui suivirent, Esther avait tenté d'imposer une limite entre elle et Leonhard. Comme leur planque avait été détruite, les occasions de se voir étaient plus rares. Au début, Esther ne trouva pas cela trop insupportable. Mais au bout d'une semaine, elle se rendit compte que le fait de ne pas pouvoir lui parler ou le voir la troublait profondément. Il lui manquait. Quand parfois, de son coin dans la cour de l'école, elle voyait l'officier aller et venir dans la mairie, elle avait envie de lui courir après, de crier son nom comme lorsque la vieille bicoque s'était effondrée sur lui, elle repensait aux baisers qu'ils avaient échangé, à la proximité qu'ils avaient pu partager, à son souffle sur sa peau... .
Elle avait tout ça à la fois en tête. Ca l'empêchait de se concentrer en cours, à la librairie ou même pour lire un livre. Un jour, alors qu'elle était au comptoir et qu'Eléanore était en train de ranger les bibliothèques au font de la boutique, il était arrivé, toujours aussi beau et séduisant, puis il s'était approché de la jeune fille en lui lançant un regard à la fois tendre et intense qui lui donna envie de se jeter à son cou. Il était venu lui rendre Le Tour du monde en 80 jours. Même si Esther était celle qui avait mis de la distance, elle fut assez déçue de ne pas le voir faire un geste, qui lui montrerait l'estime que le garçon entretenait pour elle. Toutefois, avant qu'elle ne raye son nom du registre, il avait ajouté :
- Je crois que j'ai un peu écorné le livre, au niveau du chapitre six.
Il avait dit cela d'un ton naturel mais en lançant un regard appuyé en direction d'Eléanore. Esther avait aussitôt compris et lui avait souri. Quelques instants plus tard, quand elle s'était retrouvée seule, elle avait examiné le livre et l'avait ouvert au niveau de la page écornée. Un petit bout de papier plié en deux était coincé entre les feuilles. Lorsqu'elle l'avait ouvert, elle y avait lu ceci :
Idole de ma vie,Mon tourment, mon plaisir,Dis-moi si ton envieS'accorde à mon désir ?Comme je t'aime en mes beaux jours,Je veux t'aimer toujours.
C'était un poème de Marceline Desbordes-Valmore. C'était écrit en tout petit et très finement mais Esther sourit jusqu'aux oreilles. Elle avait été touchée. C'était la première fois qu'un garçon lui écrivait un poème. Mais ce qui l'avait encore plus émue c'était le fait que le jeune homme ait remarqué qu'elle appréciait cette poétesse. Elle avait amené un recueil une fois, à la vieille bicoque. Il s'en était donc souvenu ? Ce poème était un moyen de réitérer sa demande. Esther pensa un instant que Leonhard était cruel. A présent, voilà qu'il utilisait la littérature, l'une des grandes passions de la jeune fille, pour la convaincre et l'achever. Comment pouvait-elle résister ? Mais si elle répondait aux avances de Leonhard, lui risquerait de se mettre en danger. Même s'il lui avait assuré qu'il serait prêt à prendre le risque, pouvait-elle le mettre ainsi en danger ? Bien sûr, elle pensait aussi à ses parents et à son frère. Mais à vrai dire, elle ne ressentait plus aucune gêne, ni même aucune culpabilité devant eux. Parfois même lorsqu'elle se trouvait en face de son père, elle pensait : « j'ai embrassé un Allemand. Et oui, papa ! Ta petite fille bien sage et obéissante à embrassé un officier allemand ! Que comptes-tu faire ? ».
Un jour, elle finit par prendre sa décision. Elle ignorait encore comment l'annoncer au jeune homme. Puis l'occasion se présenta. Il était venu à la librairie pour faire mine de chercher un livre. Mais en réalité, il était venu pour la voir, elle. Elle en avait profité pour fourré un petit bout de papier entre les deux pages d'un livre qu'il avait emprunté. Elle y avait simplement écrit ceci : Oui.
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Coeur-éclair
RomanceEn mars 1943, malgré l'occupation, les jours s'écoulent avec une lenteur démesurée dans le petit village de Rochefort-sur-mer, en Bretagne armoricaine. Mais voilà qu'un nouveau régiment arrive pour prendre la relève et troubler ce calme sordide. Es...
