Chapitre 34

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Coucou ! Nouveau chapitre de Coeur-éclair ! J'ai hâte de voir ce que vous en penserez ! N'hésitez pas à liker et à commenter ! Bonne lecture ! 


Le groupe était soulagé d'avoir enfin pu trouver un abri. Mais comme les mois passaient et que l'hiver pointait le bout de son nez, ils décidèrent de ne plus s'y rendre jusqu'à la mi-février. Ce serait trop risqué. Le verglas sur les roches représenterait un trop grand danger. S'ils se blessaient une fois de plus, ils commenceraient à attiser la curiosité des autres habitants. Mieux valait être prudent et se montrer patient.

Cependant, ils s'étaient mis d'accord pour continuer à réfléchir, chacun de leurs côtés au plan. Ils savaient comment pénétrer dans le bunker et comment faire exploser les réserves. Mais ils ignoraient encore deux choses :

Premièrement : comment faire pour passer les gardes. Les distraire ? L'un d'eux pourrait attirer les soldats pendant que les autres feraient ce qu'ils avaient à faire. Esther y avait pensé mais chaque fois qu'elle imaginait la scène, il y avait toujours quelque chose qui dérâpait : et si un soldat ne se laissait pas berner ? Et si celui chargé de distraire les Allemands se faisait capturer ? Jean avait suggéré de les endormir avec des sédatifs qu'ils pourraient chiper à Lefebvre. Anne, quant à elle, avait proposé de les assommer.


- Cinq gardes. Un chacun.

- Bien sûr, avait soupiré Paul. Toi, frapper un Allemand ? Un Allemand armé d'un fusil ?

- Pourquoi pas ?

Deuxièmement : comment faire pour ne pas mettre en danger les habitants de Rochefort. Ils avaient prévu de se déguiser pour ne pas qu'on les reconnaisse. Mais Schmidt ne serait pas dupe. Il comprendrait aisément que ce serait l'œuvre de quelques personnes du village. Il ne fallait pas qu'il fasse arrêter ou condamner des innocents. Jean avait suggérer de maquiller leur coup en accident mais Paul avait aussitôt refusé :

- Quel serait l'intérêt ? Pourquoi on ferait ça si c'est pour qu'ils pensent que ce n'est qu'un accident ?

- De toute façon, était intervenu Leonhard, c'est impossible de le faire passer pour quelque chose d'involontaire. Il faut forcément une clé pour déverrouiller le bunker.

- Mais si on referme la porte derrière-nous après avoir tout mis en place ? avait insisté Jean.

- Toutes les mesures sont prises pour éviter un tel incident. Des visites sont faites régulièrement.

- Un accident est vite arrivé, avait protesté Jean.

- C'est rare. Ca ne peut pas exploser tout seul.

Tandis qu'ils se trituraient chacun les méninges, l'hiver passait. Il ne neigeait que très rarement en Bretagne. La dernière fois que c'était arrivé, Esther avait 14 ans et ça n'avait duré qu'un jour. Mais il faisait un froid glacial, transperçant. Esther et Leonhard parvenaient toujours à se trouver un moment pour se voir. Ils se retrouvaient tantôt sur la falaise, tantôt dans la forêt. Le jeune homme continuait de venir à la librairie. Dès qu'Eléanore s'absentait, il contournait le comptoir pour venir embrasser la jeune fille malgré ses protestations :

- On pourrait nous voir, disait-elle en le repoussant gentiment.

- Jamais personne ne vient ici à part moi, répondait Leonhard.

Il pouffait en voyant l'expression outragée d'Esther. Pour elle, la librairie était un temple sacré.Un jour cependant, alors qu'elle se trouvait dans la cour de l'école et que Madeleine lui racontait les derniers potins, la jeune fille ne l'écoutait qu'à moitié. Elle avait aperçu Leonhard devant l'entrée de la mairie. Il était en grande discussion avec Mayer. Esther s'étonnait d'ailleurs de voir ce dernier parler avec tant de verve. Elle n'avait jamais entendu sa voix et s'était demandée s'il savait utiliser ses cordes vocales. D'habitude, lorsqu'il passait devant l'école, Leonhard la cherchait du regard. Mais cette fois, il ne jeta pas un coup d'œil en direction de la grille. Affront suprême : il lui tourna même le dos à un moment donné. Lorsque le lieutenant Mayer indiqua au jeune homme de le suivre à l'intérieur du bâtiment, Leonhard ne se retourna même pas. Esther savait que lui en vouloir pour ça était parfaitement idiot. Elle serait passée pour une psychorigide, une folle. Et puis, il pouvait avoir oublié. Oublié ? Ce mot lui resta en tête malgré elle toute la journée. Et s'il commençait à s'ennuyer avec elle ? Pourtant il était venu la voir la veille à la librairie et ils s'étaient vus le weekend dernier sur la falaise. Elle mit de côté ses doutes. On était mardi. Elle l'attendit toute la semaine mais le jeune homme ne fit pas d'apparition. Même Eléanore s'en étonna :

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