Mes cheveux étaient encore mouillés lorsque je m'assis, ou plutôt m'avachis, sur le lit de Parker.
Lui s'était assis sur une chaise, cette chaise sur laquelle on jette toute nos fringues quand on sait pas quoi en faire.
Je tournais la tête vers l'horloge, il était presque cinq heure du matin. Ça faisait plus d'une heure que j'avais pris mes shots et je sentais déjà l'alcool dans mes veines s'évaporer, j'avais juste envie de boir à nouveau. Serait-ce le début de l'alcoolisme?
- Alors il s'est passé quoi pour que tu sois dehors seule? Dispute? Rupture? Insomnie?
- Pas de dispute, pas de rupture, et même si on rompait je te rapelle que t'as pas de vagin.
- Merci de me le rappeler.
- Je me suis réveillée au milieu de la nuit. J'ai reçu un "cadeau" (je fis les guillemets avec mes doigts) assez flippant de ma future meurtrière.
- Le gâteau ? Ouais je sais.
- Suis-je bête. Évidemment que Mad te dit tout.
- Elle me dit pas tout.
- Tu sais pour le gâteau, tu gères son emploi du temps, vous êtes tous les deux les seconds de votre chef de clan, vous vous dîtes tout. Je suis sûre qu'elle t'as raconté comment on s'était rencontrées, notre premier rendez-vous... Moi elle me dit rien. C'est toi qui m'a appris pour sa cousine. Je sais rien d'elle, où est sa famille, si elle a des passions genre pâtisserie et poterie... Sa pizza préférée...
- La cannibale.
- Hein?
- La pizza. Celle avec le plus de viande.
- Ah... Ça me fait une belle jambe, moi qui suis végétarienne.
- Ah t'es végétarienne ?
- Et une chose que Maddison t'as pas dit!
Je levais mollement un bras en l'air pour célébrer cette victoire minable. Toutes mes forces avaient quitté mon corps. Je ne savais pas quoi faire. Parker me proposa de rester dormir mais je voulais rentrer chez moi et m'allonger près de Maddison. Il insista pour me raccompagner mais je déclinai plusieurs fois son offre. Je voulais être seule. Ma moto était juste devant sa salle et la salle a quinze minutes de chez moi.
Je sortis de son studio et fermais la porte. Il était parti se coucher à la seconde où je partais. Il avait vraiment l'air d'avoir besoin de sommeil lui aussi.
Je descendis les marches, ouvris la porte en métal de la salle de sport et me pris un violent coup sur la tête presque instantanément. Sonnée, je voulais me défendre mais je ne voyais rien dans le noir, sans parler de ma vision floue dûe au choc. Je donnais un coup dans le vide et j'entendis un ricannement.
Un ricannement féminin.
- Bonne nuit.
Je n'avais entendu cette voix qu'une fois mais je la reconnaîtrais entre milles.
Chelsea.
Et un autre coup s'abattit sur ma tête me faisant perdre connaissance.
J'ouvris lentement les yeux. Une douleur fulgurante me traversa le crâne. Vous vous êtes déjà cogné contre un bureau en métal ou une fenêtre en vous relevant? Pire.
Une minute... Mes yeux sont ouverts? Pourquoi je ne vois rien?! Il fait encore plus noir que dehors!
Je voulus me relever et réalisais vite que mes mains étaient attachées.
J'étais assise par terre, sur une surface en métal froid, les mains attachées dans le dos et je ne voyais rien.
Je tentais de ramper au sol mais rencontrais un mur. Je changeais de direction... Encore un mur. Encore une fois... J'étais dans une boîte. Une grande boîte. Un peu comme... Une camionnette. Oui c'est ça. L'armature en métal des portes. Le sol froid. Le courant d'air provenant des interstices entre le sol froid et les portes en métal. J'étais enfermée dans une camionnette, attachée. Je m'étais faite enlever. Mais où était la camionette? Elle n'était pas en mouvement. Combien de temps avais-je dormis? Ils avaient pu le conduire au Mexique? Au Canada? Je n'en savais rien. Je n'avais ni montre, ni téléphone. Mes poches étaient vides de ce que je pouvais sentir.
Que faire? Que faire lorsqu'on ne voit rien et qu'on est attaché ? Que faire lorsqu'on est enfermé dans une camionette?
Je sais! Les nouvelles voitures ont des poignées de sécurité pour ouvrir de l'intérieur. Je tentais de me relever comme je pouvais en m'appuyant sur une des parois, puis je longeais le mur jusqu'à retrouver les portes qui étaient la seule face pas totalement lisse.
J'étais complètement deboussolée.
En me frottant à la porte, je tentais de repérer une quelconque poignée... Et oui! J'ai trouvé la poignée, pas une poignée de secours mais la poignée normale qui sert à ouvrir les portes. Malheureusement... C'était verrouillé de l'extérieur. Je ne pouvais rien faire. Je ne sentis pas non plus de vitre sur la moindre des façades.
Énervée, je donnais un coup de pied dans la porte, comme si ça allait l'ouvrir magiquement.
Je commençais même à m'acharner dessus, enchaînant les coups de pieds et me mis à crier, hurler de haine et de peur.
- La ferme.
Je sursautais en hurlant de plus belle.
- Qui est là ?! Laissez moi partir! Je veux sortir!
Mais la voix ne dit rien de plus. Elle venait de derrière moi... Des sièges à l'avant du véhicule.
C'était une voix masculine.
Je me dirigeais vers son origine pour frapper le mur pendant je ne sais combien de temps. Je ne l'avais pas remarqué en longeant les parois juste avant mais il y a vait une petite fenêtre sur celle-ci. Une minuscule fenêtre coulissante pour laisser passer l'air et le son entre les kidnappeurs et leur kidnappée, moi.
- JE VEUX SORTIR, hurlais-je dans cette interstice.
Je voulus crier encore une fois mais une vague de fumée putride m'asphyxia. Je tombais à la renverse en toussant et j'entendis la petite fenêtre se fermer me laissant piégée avec cette odeur de tabac froid bon marché.
Je restais au sol, je voulais pleurer mais j'avais trop peur. Je respirais fort et vite. Je ne savais pas quoi faire. Enfermée. Dans le noir. Aucune issue.
Je ne sais pas combien de temps je suis restée au sol. Peut-être des heures. J'avais faim, j'avais froid. J'avais peur.
Lorsqu'enfin j'entendis un bruit. Une clef dans la serrure. La clef tourne. Je tourne la tête vers les portes qui s'ouvrent devant moi. Je vis Chelsea, un sac à la main, une lampe de poche dans l'autre.
Il faisait encore nuit et l'air frais me parvint comme un don du ciel. J'aurais du me relever, lui foncer dessus et m'enfuir. Mais la peur me paralysa. J'étais tétanisée.
Elle entra dans ma boîte, ferma la porte derrière elle et posa la lampe par terre avec son sac avant de s'asseoir avec moi.
Je me redressais un peu et m'appuyais contre le mur du fond, esseyant de mettre le plus de distance possible entre nous. Donc environ un mètre cinquante.
D'une voix suave, maniérée et froide comme le sol, elle me dit :
- Tu te demandes ce que je vais faire de toi, hm?
VOUS LISEZ
Where Life Begins
Teen Fiction" - J'avais toujours considéré ma vie comme parfaite, mais pourtant il me manquait quelque chose. Maintenant je sais ce que c'était. Le danger. Et le danger, c'est toi. Elle resta bouche bée. Je ne savais pas pourquoi, je ne la connaissais que depui...
