39. L'hôpital

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Nous attendions depuis plusieurs heures maintenant dans une petite pièce. Je faisais les cents pas pendant que Parker avait enfouie sa tête dans ses mains, les coudes posés sur ses genoux. J'avais noué ma veste en jean autour de ma taille pour qu'on ne voit pas que ma robe était déchirée.

Il avait envoyé des messages à tout le monde. Moi je n'avais prévenu personne. Je ne voulais pas que quiconque sache que j'étais ici, j'étais juste concentrée sur la porte battante et le médecin qui devrait bientôt la passer.

Je tentais d'appréhender ce qu'il allait me dire, mais je sentais les larmes remonter dès que j'y songeais.

Les premiers rayons du soleil passaient par la petite fenêtre. Il y avait un distributeur dans le coin. J'avais bu un  café ou deux... Ou plutôt cinq.

J'étais tellement à cran que j'aurais pu exploser si on me faisait à nouveau sursauter.

Enfin, quelqu'un passa la porte. Un homme ayant la cinquantaine vêtu d'une blouse blanche.

- Vous êtes? demanda-t-il en feuilletant des papiers.

Parker se leva.

- La famille.

Il haussa les épaules et nous expliqua qu'elle allait bien. Je soupirais si fort que je cru que mon âme quittait mon corps.

- Elle est endormie, elle devrait se réveiller dans quelques heures. Il ne faudra surtout pas la brusquer, mais il y aura plusieurs papiers à remplir.

- M'en occupe, dit Park en arrachant la liasse des mains du médecin.

- Pour être honnête, ce n'est pas la plaie qui m'effraie le plus, mais plutôt les multiples blessures... Et certaines plutôt anciennes, continua-t-il.

Son regard se dirigea vers Parker. Il prenait Maddison pour une femme battue?!

- Je suis sa copine! m'empressais-je de dire. Elle se bat souvent... mais je vous rassure, ses adversaires ont bien plus souffert qu'elle!

Parker claqua sa langue, j'en avais sûrement trop dit, mais il valait mieux qu'il n'appelle pas les services sociaux.

- Débrouillez-vous, ce n'est pas de mon ressort de toute manière. Voici son dossier, elle est chambre 304.

Je pris la deuxième liasse de documents et suivis une infirmière jusqu'à la chambre. Elle nous laissa entrer et partie.

La pièce était plongée dans le noir, Maddison était allongée dans le lit, des tubes sous le nez.

Parker approcha, lui caressa le bras, puis alla s'asseoir dans un des fauteuils pour commencer à lire les documents.

Pour ma part, je les posais sur un meuble et trainai un des sièges au bord du lit pour poser ma tête sur sa main.

Je m'apprêtais à m'endormir lorsque Parker murmura :

- Putain...

- Qu'est-ce qu'il y a?

- Les frais médicaux. Mad n'a pas de mutuelle, on a une activité illégale c'est pas étonnant... Mais c'est beaucoup trop cher...

- Combien?

- L'opération a elle seule a coûté 47.800 dollars... Ils veulent la garder en observation quatres jours minimum... Donc 5.200 dollars par jour... Je te laisse faire le calcul.

- Presque 70.000 dollars...  soufflais-je.

- On a cinq jours pour trouver ça.

J'écarquillais les yeux. C'était totalement impossible!

À moins que...

- J'ai peut-être une idée.

•••

- Emy?

Je relevais la tête. Je m'étais endormie, je sentis un peu de bave au coin de mes lèvres que j'essuyais rapidement.

- Tu es réveillée.

- Je suis... À l'hôpital?

- Ouais. T'as dormi 29 heures de suite, répondis-je.

- Quoi?! Alors on est... Samedi?

- Dimanche. Il est...

Je regardais l'horloge.

- ... cinq heure du matin.

- Oh...

Elle resta silencieuse un moment.

- J'ai perdu le combat alors.

- Oui, je suis désolée.

Elle ne dit rien, une fois de plus et passa ses doigts sur ses paupières pour les masser.

- Où est Parker? poursuivis-t-elle.

- Il est partit régler l'hôpital.

- Merde! Ça vous a coûté combien ? Comment on va payer?

- Du calme!

Je la forçais à reposer sa tête sur son coussin.

- Ne t'inquiète pas pour ça... Je m'en suis occupée.

- Qu'est-ce que tu veux dire?

- J'ai... J'ai vendu ma voiture.

- Tu as vendu ta Aston Martin... Pour moi?

Je vis ses yeux s'embuer, comme si elle était au bord des larmes.

- Mais tu adorais cette voiture...

- Je t'aime plus encore.

Sa voix se brisa en gémissant, me donnant également envie de pleurer. Je m'assis sur le bord de son lit pour m'allonger tout contre elle et lui faire un câlin.

Après quelques minutes, je me relevais en lui expliquant que j'allais prévenir une infirmière et sortis.

Dos à sa porte, j'avais envie de pleurer, c'est vrai que j'adorais ma voiture, plus que tout, c'etait le dernier vestige de ma vie passée, et même s'il me restait largement assez pour m'en acheter une autre, ce ne serait jamais la même.

Je secouais la tête. Écoute-toi, Emy! T'es triste pour une voiture, tu devrais plutôt te réjouir que ta copine soit en vie!

Les examens passés, les médecins nous ont demandé de quitter l'hôpital. J'y avais passé environ 15h sur les 29h de coma de Mad.

Le reste du temps, j'avais couru de droite à gauche pour trouver où vendre ma voiture, trouver un acheteur etc... J'avais réussi à la vendre 190.000$. Le prix d'achat étant environ 230.000$. Après avoir payé les frais médicaux de Maddison, il me restait 120.000$ dont je ne savais quoi faire.

Lundi, je devais retourner en cours. J'aurais pu tuer pour rester avec elle, mais j'avais déjà raté trop d'heures, je risquais d'avoir des problèmes à force.

Lors de la troisième heure, mon téléphone sonna. Ignorant la prof, je le pris en vitesse pour voir l'appel, je me figeais en voyant "Parker".

Je n'avais Jamais d'appel de Parker, sauf en cas d'urgence.

- Mlle Carter, donnez moi ce téléphone, grogna la prof en s'approchant de moi.

L'ignorant, je me levais en décrochant.

- Parker?

- On a un problème. Maddison a disparu.

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