Assis dans un fauteuil au milieu d'une grande salle vide, j'émergeais à peine de la confusion des événements passés. Mon esprit tournait à plein régime tandis que j'attendais l'Elfette, partie chercher de l'aide pour déplacer le garde elfique inconscient.
Que diable m'était-il passé par la tête ?
La violence de mes actes résonnait encore dans ma conscience, et l'anxiété grandissait en moi. Je m'enfonçai dans le dossier du fauteuil, espérant trouver un peu de réconfort au contact doux du tissu. Les motifs d'or brodés semblaient se fondre dans mes pensées tourmentées.
Mes doigts, agités, tapotaient nerveusement les accoudoirs en bois. La légère inclinaison du fauteuil me berçait faiblement, mais ce mouvement n'apaisait en rien mon esprit troublé. Chaque balancement paraissait un effort désespéré pour échapper à la réalité de mes actes.
Mon regard errait sur les murs, en quête d'une échappatoire à ma culpabilité. Les tapisseries somptueuses, finement brodées, semblaient me dévisager d'un air accusateur. Malgré son vide, la salle imposait son aura majestueuse, me rappelant à quel point mes actes étaient déplacés en un tel lieu.
Finalement, mes yeux se posèrent sur la porte. Aussitôt, une pointe de douleur me transperça le cœur. Je craignais plus que jamais la sentence à venir : pendaison ? Décapitation ? Toutes deux m'étaient également terrifiantes. Je me perdais dans des scénarios macabres, cherchant en vain un espoir de fuite.
Telle un funambule sur son fil, je tentais de garder l'équilibre entre le remords et mon instinct de survie. Je me sentais changé, comme si j'avais perdu à jamais la paix intérieure qui m'habitait auparavant.
C'est alors que la porte s'ouvrit brusquement, laissant entrer deux soldats qui se postèrent de part et d'autre de la salle. Ma gorge se noua, et je déglutis péniblement.
Le moment fatidique approchait...
Puis l'Elfette fit son entrée, s'avançant vers moi et s'asseyant juste en face. Pendant ce temps, les soldats saisirent le garde inconscient et l'emportèrent hors de la pièce. Son visage était sérieux, ses yeux plissés et sa bouche pincée, marquant l'importance de cet instant.
Aëdan, choisis soigneusement tes mots..., me répétai-je mentalement, cherchant un semblant de courage.
« Où as-tu appris à te battre ainsi ? » demanda-t-elle, d'une voix à la fois prévisible et déconcertante.
Je demeurai muet, me recroquevillant un peu plus contre le dossier. Une goutte de sueur coula le long de mon cou, traçant un sillon glacé sur ma peau. En réalité, je ne comprenais pas moi-même la force qui s'était emparée de moi. J'étais un simple fils de paysan, sans entraînement notable.
«Je suis désolé... Je ne suis qu'un paysan...», commençai-je, cherchant intérieurement comment m'excuser.
Elle se redressa, croisant les jambes, le regard toujours braqué sur moi.
« Si je puis me permettre, le rang de ta famille m'importe peu... », coupa-t-elle sans détour, prenant d'emblée la direction de la discussion.
J'abaissai les yeux, intimidé.
« Ma Dame, j'ai...
— Silence, tu n'as pas le droit de t'adresser à sa Majesté sans son accord ! Contente toi de répondre aux questions » aboya le soldat revenu entre-temps pour me rappeler ma condition inférieure.
Un court silence s'installa : mes mains devenaient moites, et mon cœur s'emballait.
« Au vu des violences commises par Bilgär à ton encontre, je considère qu'il s'agit de légitime défense... du moins pour ce qui s'est passé dans cette salle, » finit par déclarer l'Elfette, rompant le silence.
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Le Destin d'Aëdan [Original Story]
FantasyDans les ruelles sombres de For'Royal, la misère côtoie la majesté des tours elfiques. Aëdan, un jeune humain marqué par la brutalité du monde qui l'entoure, grandit dans l'ombre et la violence. Chaque nouveau matin pourrait être son dernier, tandis...