Monstres

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Le lendemain l'ambiance était tendue au domicile familial. Madame Kinney m'a à peine adressé la parole. Monsieur Kinney en revanche a échangé quelques mots avec moi. Cette petite conversation concernait mon camp d'entrainement sur Tokyo, au lycée Nekoma. Il avait signé la fiche, je pourrais la rendre à Kim lundi.





Mme Kinney – Tu prépares ton sac, on y va.

Moi – ... Où ça ?

Mme Kinney – Ou ça... Soupira-t-elle. Mais qu'est-ce que j'ai fait pour avoir une fille aussi... Ton sac ! Pour le patinage !

Moi – Ce n'est pas que cet après-midi... ?

Mme Kinney – Tu rigoles j'espère ? Tu as une compétition en fin d'année, allô la terre on demande Emy ! Tu veux laisser la gagne aux autres ou quoi ?!

Moi – Mais non...

Mme Kinney – Alors tu te grouilles !





Mon verre de jus d'orange avait été vidé qu'à moitié. Dès 8 heures du matin je devais me rendre à la patinoire du lycée, ouverte au public les weekends.

Bonnet, gants, patins, veste chaude, écharpe, pansements, chaussettes. J'étais prête, comme d'habitude... Sauf qu'en plus de tout ça, je déposa dans mon sac le paquet de biscuit que Tendo m'avait gentiment laissé hier soir. Quand j'y repense, c'était bien gentil de sa part. Ils ne sont pas si mauvais et si méprisant que ça, à Shiratorizawa... Bon, oui, ils sont spéciaux quand même : Tendo m'avait un peu fait peur, il faut dire qu'il est extraverti et ose des questions parfois farfelues. Semi en revanche est plus en retrait mais est quand même intimidant. La façon dont il observe et la manière dont il reste stoïque, calme... Perturbant, très perturbant. Toujours est-il que, sans ces deux-là, ma soirée aurait été catastrophique hier...





Mme Kinney – EMY !





Je referma mon sac d'une traite et retrouva ma mère qui piétinait dans l'entrée de la maison.

Elle m'avait amené jusqu'au lycée, et bien évidemment elle allait suivre une partie de mon entrainement.





Mme Kinney – Ton échauffement. Lâcha-t-elle en s'installant sur un banc tout en attrapant son téléphone professionnel.





Les bras, les jambes, les chevilles, les poignets, le cou, les épaules. Je m'étais même préparé le visage en massant mes joues, mes tempes, le front...

Je laissa mes baskets pour mes patins. J'avais préalablement mis les deux paires de chaussettes que j'avais emmenée avec moi. Une petite grimace apparut sur mon visage lorsque j'enfila les patins. Mes pieds me faisaient déjà souffrir. A force de patiner, mon corps avait créé de belles ampoules sur les pieds. Sans évoquer le fait que mes pieds fatiguaient des patins et de leur forme. J'avais l'impression, à cet instant, qu'un imposant morceau de verre s'enfonce en plein milieu de mes pieds. La décharge électrique au centre de mes pieds se dissimula jusqu'aux phalanges. Mes talons appuyaient contre les ampoules. De nouvelles décharges. Pourtant bien équipé, mon corps souffrait. Il s'ouvrait, lui qui était si bien enveloppé.





Mme Kinney – Tu attends que je t'accompagne ou quoi ? Dit-elle en levant un œil vers ma silhouette.





Sans rien dire, je me redressa pour pouvoir marcher en direction de la glace. Chaque pas me faisait souffrir. Chaque pas était un supplice. Je laissa ma tête tomber en arrière, comme pour reprendre une respiration nouvelle. Vite, de l'air, vite, une nouvelle vision des choses. Vite, un renouveau. Vite, une renaissance.


MENSONGES (HAIKYUU)Des histoires addictives. Découvrez maintenant