14. L'encre du passé

1.7K 77 3
                                        


PDV Veronica

Tout ce que je voulais c'était prendre une douche pour effacer ces dernières vingt-quatre heures. L'eau sale glisse dans l'evacuation et je la regarde changer de couleur. Je regarde mon bas ventre et laisse mes larmes couler en pensant à ce que Rick a gravé. Les souvenirs dans ce sous-sol me reviennent comme une violente claque. J'aimerais oublier mais c'est encré en moi comme le tatouage rougeâtre qui est gravé sur ma peau. C'est de ma faute, et uniquement de ma faute. Je n'aurais pas dû rentrer chez moi ce jour-là, j'aurais dû m'en aller, même si je n'avais pas un sous. Rouler avec cette putain de caisse. Rien n'aurait pu être plus mauvais. Et le pire, si Matteo s'est pris une balle c'est de ma faute. S'il était monté dans la voiture avant moi ce serait moi qui me serait pris cette balle, et c'est ce qui aurait dû arriver, c'est ce que je voulais. Deux coups résonne contre la porte et j'éteins le robinet.

- Tu as fini ?

Je reconnaît sa voix rauque. Je ne réponds pas. Les mots reste coincés dans ma gorge. J'attrape la serviette sur le meuble et enroule mon corps dedans. Je sort à peine de la douche quand il ouvre la porte. Il balaie mon corps en un rapide coup d'oeil et je m'accroche à ma serviette. Je n'aime pas la façon dont il me regarde depuis quelques jours, je me sens nue face à lui et je déteste cette sensation.

- Amalia dit que le diner est prêt.

Je fronce les sourcils. Lui qui se dérange pour me dire que le dîner est prêt ? Je n'y crois pas. Il garde ses yeux river dans les miens et pendant une minute déglutir me semble anormalement difficile. Il ne bouge pas et moi non plus. Nous restons quelques secondes à nous fixer avant qu'il ne se racle la gorge.

- Laisse-moi voir.

Je plisse les yeux avant de comprendre de quoi il parle, mais je refuse d'un hochement de tête.

- Sinon je le ferais par la force, reprend t-il plus sèchement.

- Alors quoi ? Je refuse d'obéir à tes ordres alors tu les appliques toi-même ?

- Oui.

- Sort.

Il croise les bras sur sa poitrine, caler contre le chambranles de la porte. Il bloque le passage et je suis condamné à rester dans cette salle de bain ou l'air compresse mes poumons.

- Je ne bougerait pas tant que tu ne m'auras pas laissé regarder.

- C'est hors de question.

Il ne bouge pas d'un pouce, gardant ses yeux river au miens alors que je m'accroche plus fermement à ma serviette comme ci c'était une carapace. Il reste silencieux quelque secondes avant de reprendre d'une voix calme.

- Ce que tu peux être une emmerdeuse.

J'arque un sourcil. Si je suis une emmerdeuse il l'est tout autant.

- Pourquoi tu ne veux pas me montrer ?

- Parce que c'est mon corps.

- C'est un bout de peau.

- J'ai dit non.

Il serre la mâchoire. Je doit être la seule ici à lui tenir tête -hors mis Amalia qui fini par lui céder- et ce n'est pas parce que c'est le chef d'un cartel que je vais me plier à son bon vouloir. Je l'ai fait une fois avec son père et ça n'a fait qu'empirer ma situation. Il s'écarte de la porte sans dire un mots de plus et quitte la chambre en fermant cette dernière à clef. Si ça peut lui faire plaisir de me priver de dîner qu'il fasse comme bon lui semble, ce n'est pas comme ci il avait fait ça pendant le mois que je suis resté enfermé à manger un jour sur deux. Ma respiration s'allège au bout de quelques minutes et je reprend un rythme cardiaque normal. J'ai bien cru qu'il aurait arraché ma serviette pour regarder le petit souvenir que Rick m'a laissé, et je suis certaine que c'est ce qu'il voulait faire, et alors je me serais mise à crié de toutes mes forces jusqu'à lui exploser les tympans. Je veux que plus personne ne touche mon corps sans mon accord, et il ne l'a pas. Qu'il garde ses mains dans ses poches.

Flying in hells Où les histoires vivent. Découvrez maintenant