13. Le poids des remords

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PDV Matteo

Je regarde ma main et la tâche rouge qui teint ma chemise. Je pose mes yeux sur Veronica, le visage horrifiée et la main sur la bouche. C'est froid. Le soleil n'a plus la même teinte, et le bruit autour de moi est différent. C'est comme ci le monde tournait au ralentis. Veronica se jette presque sur moi et je pourrais en rire si la situation n'était pas aussi grave. Elle saisit mon arme et se redresse, visant quelqu'un derrière moi alors que Livio me pousse à l'intérieur de la voiture. Je prend pleinement conscience de la gravité de la situation quand Veronica arrache ma chemise après avoir claqué la porte.

- Il faut aller à l'hôpital.

- Non, gronde Amalia en quittant la cours. Il faut qu'on rentre à la planque.

- Tu vois pas qu'il va mourir ?

Je tente de prendre une inspiration plus longue.

- Je ne vais pas mourir pour si peu.

- T'a raison, la mauvaise herbe ça crève pas.

Je rit doucement et mon sourire se transforme vite en grimace.

- La balle n'est pas ressorti, faut l'extraire.

Elle appuie sur ma peau et je retient un grognement en serrant les dents.

- Personne n'est infirmier que je sache, alors faut aller à l'hôpital.

- Je ne vais pas aller à l'hôpital comme un simple con qui s'est pris une balle, dis-je avec difficulté.

Veronica me lance un regard noir.

- Tu n'es pas en mesure de négocier. Et tu es un simple con qui s'est pris une balle.

- Je suis encore le chef, tesoro. C'est moi qui donne les ordres.

- Ok. Alors soit on va à l'hôpital et il sera soigner, soit il va mourir vue la quantité astronomique de sang qu'il perd.

Je grimace de nouveau quand l'air entre dans mes poumons. J'ai de plus en plus de mal à respirer.

- Ok, gronde la blonde derrière le volant.

- Bande d'idiots, j'articule avec difficulté. C'est moi le chef.

Je me redresse mais Veronica plaque sa main sur mon torse pour me maintenir contre le siège. Je grimace au contact de mon dos contre le coussin. Veronica à le droit à mon regard le plus noir.

- Tu n'es pas en mesure de diriger un cartel. Alors qu'est-ce que tu préfères ? Mourir comme un con avec ton égo surdimensionnés ou aller à l'hôpital pour te faire soigner et te venger ?

Je fronce les sourcils en étudiant les propos de Veronica avec difficulté. Elle prend mon silence pour un oui vue le soulagement qu'affiche son visage. Ses traits sont fin, ses yeux bruns sont cernés, son visages est soucieux et ses lèvres légèrement retroussées. Elle est jolie, mais elle n'a pas l'aire heureuse. Ça la rendrait belle, et c'est ma faute. Je caresse sa joue du bout des doigts, moi-même surpris par mon geste. Mon souffle se fait court, il m'est de plus en plus difficile de respirer et mes paupières sont atrocement lourdes. Mon bras retombe sur la banquette et je n'arrive plus à garder les yeux ouverts. Mes forces m'abandonnent, je n'entend plus le vrombissement du moteur et les secousses données par Veronica se font loin, sa voix paraît lointaine et sa main sur ma joue n'est rien de plus que la caresse du vent.

••

Quatorze ans plus tôt

- Aller Matteo, viens jouer avec moi ! S'exclame Gennaro, le petit dernier. Tu joues jamais avec moi.

Flying in hells Où les histoires vivent. Découvrez maintenant