CHAPITRE 33 : Exprime ta colère, mon ange.

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Point de vue : Dyab.

Les kilomètres heures défilent. La distance s'affaisse. Je refuse de croire que je vais arriver trop tard. Plus je me rapproche, plus la haine s'infiltre dans mes veines. Puis, enfin. Dans mes yeux, les flammes reflètent. Sans même réfléchir, je coupe le moteur net en plein milieu de la route. Je me précipite à l'intérieur du bâtiment enflammé.

La maison est déjà salement amochée. Le tout est en train de s'effondrer en totalité. Sans perdre une seconde de plus, je m'enfonce dans les flammes. Je sens que ma peau brûle, mais je continue de m'enfoncer dans le feu.

— CALISTA, l'appelais-je.

J'entends rien. Pas de cris, pas de pleurs. Et ça m'énerve encore plus. Je shoot du pied dans les morceaux de mur et de plafond tombés au sol. Je commence à pousser les meubles, j'avance en scrutant le sol, en espérant voir à travers la fumée quelqu'un.

Puis mon regard se bloque sur un bras, et une marre de sang. Je sens mon cœur s'accélérer. Bordel de merde.

La fumée commence à pénétrer mes poumons. Mais franchement, rien à foutre. Je m'approche en furie du bras ensanglanté et je m'abaisse. Quelqu'un s'est fait écrasé ici. Une rage folle bouillonne en moi.

— Dyab...

Je me retourne furtivement dès que le son de sa faible voix a résonné dans mes oreilles. C'est là que je l'ai trouvé, en larme, coincée sous un débris, ses yeux plongés dans les miens me suppliant de l'aider. Je ne perds pas plus de temps pour soulever ce qui la bloque, et l'extirper de là. Je la porte, et ses mains s'enroulent mollement autour de ma nuque, et ses jambes autour de ma taille. Sa tête est calée dans le creux de mon cou humidifié de ses pleurs. Je lui caresse doucement le crâne tout en m'empressant de la sortir d'ici.

— Mel... Melvin... S'il te plaît, pleure-t-elle.

Merde. Le gosse. Je me dépêche, je la pose dehors, loin des flammes, je lui enfile brièvement ma veste et je fonce récupérer le môme.

J'essaie d'éviter la toiture qui se pète la gueule et les flammes comme je peux. L'air devient toxique, et l'odeur qui s'en dégage est nauséabonde.

Je traverse à grandes enjambées le couloir, jusqu'à arriver devant la porte de Melvin. Je fracasse la porte. Sans surprise, les flammes ont également atteintes cette pièce. Mes yeux se rivent sur le môme, allongé par terre. Il ne bouge plus. Bordel de merde. Je sais pas si il est encore vivant, mais je dois le sortir de là. Pour elle.

Je retire ma chemise pour lui couvrir la bouche et le nez, au cas où il est encore vivant, histoire de ne pas l'intoxiquer encore plus. Je le porte et me réfugie hors de cette maison, qui n'est plus que poussière désormais. Ce n'est qu'une fois dehors que je contemple l'acte de ces fils de pute.

Des flammes. Quelques voisins épiant la scène derrière leurs fenêtres, mais pourtant aucun de ces connards n'ont eu l'idée de les aider. Ils préfèrent regarder les gens souffrir et mourir.

Je détourne le regard car je hais cette vision. Ce n'est pas la première fois que je vois cette scène. Et je ne la supporte pas. Je sers les dents, et retrouve Calista, assise au sol contre la roue de ma voiture. Elle ne m'a pas vu arriver, elle a l'air penseuse. Je dépose doucement Melvin à ses pieds,  ce n'est qu'à cet instant qu'elle me remarque plus ou moins. Elle se rue sur lui, elle prend son pouls et essaye de sentir ses battements de cœur. Elle lui parle et elle commence à s'affoler lorsqu'elle sent que son battement de cœur n'est plus qu'un lointain souvenir. Pendant qu'elle tente de se rattacher à lui, j'appelle les pompiers pour l'incendie, prétextant une explosion suite à une fuite de gaz.

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