Chapitre 20 : L'escrime

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 Le hameau s'étendait sur une étendue restreinte, à peine un ou deux hectares, et abritait une centaine de gobelins, dont les chaumières rudimentaires se pressaient le long des sentiers sinueux. Une palissade de bois épais l'enserrait, offrant une illusion de protection aux insouciants qui y vivaient. Les bâtisses étaient simples, mêlant paille, bois et quelques touches de pierre sombre, donnant au lieu une atmosphère austère et inquiétante. En pénétrant dans l'enceinte du hameau, mes craintes quant à l'issue d'un assaut contre les elfes se confirmaient.

C'est fini, il faut les persuader de se retirer.

Lorin me présentait brièvement aux membres du hameau que nous rencontrions, avant de m'inviter à pénétrer dans une tente singulière, dont l'apparence laissait deviner son importance capitale. À l'intérieur, je découvrais un espace étonnamment vaste : deux quartiers pour dormir, un espace dédié à la préparation des festins, et même une salle à manger ornée d'une table en bois massif et de quatre chaises sculptées de runes anciennes.

« Assieds-toi, Aëdan, nous avons des choses à discuter. »

Je m'exécutais en silence et Lorin s'installa en face de moi, apportant une tasse remplie d'un breuvage translucide et brûlant.

Ce n'est point de l'eau, une senteur délicate de fleurs s'en dégage...

« Ce n'est point du venin, juste du thé, se moqua Lorin. Mais prends garde, c'est brûlant. »

Je trempais mes lèvres, découvrant alors un éventail de sensations et de fragrances variées.

« C'est délicieux ! m'exclamai-je. « Enfin, bon, voici mon rapport, il y a...

— Je sais, une armée nous poursuit. Je m'en moque, ce qui m'intéresse, c'est ton entraînement, » me coupa Lorin.

Enfin, si ce que j'ai senti est juste, nous allons tous périr dans ce hameau...

Je lui relatais ce qui s'était déroulé plus tôt dans la journée, ne négligeant aucun détail. Elle me lançait un regard perplexe, décryptant manifestement chaque information.

« Tu es donc en train de me dire que non seulement tu as assimilé la méthode de combat, mais en plus tu l'as vaincue du premier coup ?

— Non, je ne pense pas avoir entièrement saisi l'escrime, mais j'ai su l'appliquer à ma manière, je crois.

— As-tu scrupuleusement suivi mes instructions ?

— Non, il m'était difficile de me mouvoir continuellement... Et ma lame s'est heurtée à de très nombreuses reprises à celle de mon adversaire. »

Lorin se leva et commença à faire les cent pas, ses mouvements empreints d'une tension palpable. Je ne comprenais pas ce qui la mettait ainsi. Je n'ai pourtant qu'appliqué ce qu'elle me disait, songeais-je.

« Tu étais doué à l'épée lors de ton service auprès des elfes ?

— Je n'utiliserais point ce terme. Je n'ai vaincu qu'une seule fois la princesse et un général allié. J'avais un entraînement quotidien, mais je suis clairement loin d'être un maître.

— Je comprends mieux. Ce soir, un banquet sera organisé en notre honneur, ce sera l'occasion idéale de rencontrer mon maître. Aussi, je te montrerai trois mouvements de cette école d'escrime. As-tu des remarques sur le style ou ton ressenti ? »

Je n'arrivais pas encore à vraiment m'en rendre compte. Mais s'il y avait bien un mot qui semblait correspondre, ce serait...

« Amusant. »

J'avais encore pensé à voix haute. Et maintenant Lorin me fixait d'un air surpris, voire décontenancé.

« Amusant ? C'est ce que ça t'inspire ?

Le Destin d'Aëdan [Original Story]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant