62 - La pièce du puzzle

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   - J'ai ramené du vin, me fit le Mexicain en souriant.

 Je lui renvoie son sourire et le laisse entrer. Il me remercie et marche dans la pièce, déposant la bouteille sur le comptoir de la cuisine. Je referme la porte derrière lui tout en observant l'extérieur. Il ne semble y avoir personne à première vue, j'ose espérer qu'il ne se passera rien de particulier...

 La porte fermée, je souffle silencieusement avant de lever ma tête vers Elias. Je peux sentir mon sang pulser dans mes tempes, peu rassurée de passer une soirée avec lui.

 Je veux rappeler Angelo et lui poser toutes les questions qui me traversent l'esprit, j'ai envie de savoir exactement le problème que son patron a bien pu avoir avec le père d'Elias, pourquoi a-t-il demandé sa mort ? Si j'avais eu un peu plus de temps devant moi, je pense que j'aurais pu trouver ces informations moi-même, mais là je n'ai pas le temps...

 J'ai pu lui envoyer un message, mais je ne suis pas sûre qu'il y fasse réellement attention. Il n'en avait rien à faire que je passe ma soirée avec Elias, je ne pense pas qu'il ira prendre mon message au sérieux... Je sais cependant que quelqu'un d'autre prendrait mes avertissements au sérieux, mais je n'ai vraiment pas envie de le contacter.

 Raphael reste très personnel, si je venais à lui demander de l'aide, si je venais à lui envoyer un appel à l'aide, je sais parfaitement qu'il ferait en sorte de m'aider comme il le faut. Non pas par état d'âme parce qu'il me porte dans son cœur, mais principalement parce que je suis importante pour ses intérêts professionnels. S'il me perdait, il perdrait en même temps l'un de ses pions, et il ne peut pas se le permettre.

   - Est-ce que tout va bien ? Tu me sembles un peu pâle... remarqua le Mexicain en s'approchant de moi.

 Je lui souris faiblement et réprime un mouvement de recul lorsqu'il vient déposer sa main sur ma joue. S'il voit que je suis méfiante à son égard, il pourrait se douter de quelque chose, bien qu'au fond de moi j'ose encore espérer qu'il n'a rien à voir avec les affaires de Raphael.

   - , je suis simplement fatiguée. Je ne pensais pas que reprendre le boulot me prendrait toute mon énergie, riais-je doucement.

 Je prie pour que mon rire ne sonne pas faux à ses oreilles...

   - J'imagine bien, c'est toujours épuisant quand on reprend le travail après une longue pause.

 Il me sourit et vient me prendre délicatement ma main, m'emportant avec lui vers le salon. Docilement, je me laisse faire et le laisse me guider dans mon séjour. On s'installe dans le canapé et restons silencieux un moment tout en nous regardant dans les yeux.

 J'ai énormément de peine, j'ai énormément de mal à supporter son regard. Je sais des choses sur lui, des choses que je ne devrais probablement pas savoir. J'ai des doutes sur sa sincérité, j'ai des doutes sur sa personne entière et sur ses intentions. Et le pire dans tout ça, c'est qu'il ne le sait pas et qu'il ne doit pas le savoir...

   - Alors, ça fait quoi de vraiment reprendre le boulot ? me demande-t-il en se grattant la nuque.

   - C'est étrange, j'ai l'impression que ça faisait une éternité que je n'ai plus travaillé. J'ai l'impression d'avoir loupé beaucoup trop de choses...

 Du genre l'affaire sur le meurtre de ton père... Je déglutis et n'en dis pas plus, de peur de commettre une erreur. Un bruit sur le comptoir de la cuisine attire mon attention, je comprends alors qu'il s'agit de mon téléphone. J'ose espérer qu'Angelo a bien reçu mon message et qu'il vient de me répondre...

 Je me lève du canapé sous le regard du Mexicain et me dirige vers la cuisine. Je prends mon téléphone et le glisse dans ma poche avant de prendre la bouteille de vin en main.

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