Chapitre 17

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- Charles -

Jeudi 7 avril 2022

Jusque là je pouvais encore me convaincre que tout était dans ma tête est que Charlène était simplement fatiguée et perturbée par le décalage horaire, mais désormais je ne peux plus me voiler la face. Déjà le fait qu'elle ne vienne pas avec moi ce matin pour rejoindre le circuit était suspect mais en l'observant c'est évident : elle m'évite.

Pire, comme elle ne peut pas rester à distance puisque c'est la journée médias et qu'elle doit rester à mes côtés, elle se ferme complètement lorsque c'est le cas. Ce n'est pas simplement la Charlène des mauvais jours qui manque de sommeil, quand elle est avec les autres membres de l'écurie ou que l'on croise d'autres pilotes tels que Max ou que Carlos est dans les parages, elle leur offre de vrais sourires sincères. Cependant dès que c'est juste nous deux, elle se réfugie sur son portable et trouve tous les prétextes pour ne pas avoir à me parler.

Si j'ignore complètement ce que j'ai bien pu faire, je peux affirmer que c'est à moi qu'elle en veut et pas au fait d'être dans un autre hémisphère.

Non, je la connais par coeur et le décalage horaire n'est qu'un prétexte pour essayer de masquer son énervement dont je ne connais pas l'origine ni la raison qui la pousse à tenter de le cacher au lieu de simplement venir me parler de ce qui ne va pas. Surtout que cela me pousse à faire de même, à ignorer les signes que je vois ne souhaitant pas faire pire en essayant de la confronter pour comprendre ce qui ne va pas.

Imaginons que je fasse complètement fausse route et qu'en réalité ce n'est pas après moi qu'elle soit fâchée, tout ce que je gagnerais c'est finir par vraiment me disputer avec elle. Or c'est la dernière chose que je veux.

Et puis quelque part, qu'elle prenne très légèrement ses distances n'est pas plus mal ... cela me permet de ruminer mes réflexions en paix et surtout d'essayer de les enfouir très profondément de manière à les faire disparaitre.

« Tu voulais juste te distraire de tes sentiments pour elle » ces mots de Juliana tournent en boucle dans mon esprit. C'est du délire. Charlène est ma meilleure amie, je ne suis pas amoureux d'elle, ça n'a aucun sens. Et pourtant ils m'ont empêché de fermer l'oeil de la nuit samedi me faisant remettre en question ces deux dernières années et chacune mes actions avec Charlène.

Non. Notre proximité ne veut pas dire qu'il y a plus. Rien de sert d'aller compliquer les choses.

Pourtant ce soir, alors que j'ai accepté de dîner avec les garçons puisque Charlène a de nouveau prétexté être trop fatiguée pour rester seule, une simple phrase va tout faire basculer.

« Qu'est-ce que tu veux ? c'est ce qui arrive quand on s'envoie en l'air en plein de week-end de course. On est fatigué. »

D'abord je souris en entendant la remarque de Max, puis je réalise que puisque nous sommes l'autre bout du monde et que très peu de pilotes sont présents avec leur petite amie alors je commence à être intrigué de savoir à qui il s'adresse. Et autant dire que lorsque je réalise de qui il s'agit mon sourire disparait immédiatement comprenant tout seul ce que ça signifie.

« Ta gueule Verstappen, répond Pierre. En plus le week-end n'a pas encore réellement commencé alors ...

- Donc vous n'avez pas prévu de recommencer ? Juste pour savoir si je dois penser aux boules-quies pour ce soir ou demander à changer de chambre carrément.

- C'est quand même culotté de te plaindre quand on sait qu'habituellement c'est toi qui a le droit à ce genre de remarques. »

J'assiste à leur échange complètement interdit. Voilà qui explique l'attitude étrange de Charlène ces derniers temps car il est évident que c'est avec elle qu'il a passé la nuit. Et même si j'essaie de me convaincre que ce sentiment de colère qui monte ne vient que du fait qu'aucun d'eux n'ait pris la peine de me dire qu'ils s'étaient remis ensemble depuis allez-savoir-quand, je sens bien qu'il y a autre chose ...

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