Chapitre 55

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- Charlène -

Dimanche 5 mars 2023 (Monaco)

Nous y voilà : la saison 2023 est officiellement lancée.

Et dire que je ne suis même pas à Bahrein pour accompagner Charles lors de ce premier Grand Prix. Pour ma défense cependant, j'ai la meilleure de excuses pour justifier d'être restée à la maison, une excuse absolument adorable qui dort actuellement dans mes bras alors que la course vient d'être lancée.

Ne pas être présente reste toutefois difficile pour de nombreuses raisons. Déjà j'aimerais être avec Charles tout le temps : la maternité n'a rien changé à notre relation, notre attirance ou notre amour. Ensuite car je sais que sa fille lui manque, elle n'a même pas encore deux mois c'est pourquoi nous sommes tous les deux tombés d'accord sur le fait qu'il était trop tôt pour lui imposer un tel voyage néanmoins c'est une séparation difficile pour Charles comme pour Grâce qui est bien plus agitée qu'à l'accoutumée en son absence clairement en recherche de son papa. Et enfin, dernière raison mais pas des moindres, l'inquiétude : celle-ci est clairement décuplée lorsque je me sais à des centaines voire des milliers de kilomètres de lui alors qu'il pilote. J'ai beau aimer ce sport jamais je ne pourrais être sereine lorsqu'il est dans la monoplace.

Ce week-end a été particulier cela dit : j'ai eu moins le temps de m'inquiéter car j'étais plutôt occupée en permanence. C'était la première fois que je me retrouvais complètement seule pendant plusieurs jours depuis la naissance de Grâce. Durant les essais de pré-saison Arthur était à la maison avec moi car ceux de la F2 étaient en décalé mais cette fois il roulait à Bahrein également. Bien sûr Pascale était là et elle passe tous les jours depuis le départ de Charles sans se montrer envahissante. Loin de me faire me sentir incompétente sa présence est simplement rassurante : le rappel qu'en cas de besoin je ne suis jamais vraiment seule. Un soutien réellement appréciable.

Elle est passée ce matin aujourd'hui, en dehors des heures de courses des garçons : si je stresse toujours de les voir courir, pour elle s'est encore pire et je sais qu'elle suit les résultats sans regarder les courses la plupart du temps. Maintenant c'est donc uniquement Grâce et moi, elle paisiblement endormie inconsciente des folies que fait son père, moi à la fois excitée par cette nouvelle saison et pleine d'espoirs que celle-ci puisse enfin être la bonne pour Charles. Cela dit, vu le rythme affiché par Max et les Redbull jusque-là je doute fort qu'ils aient fait un pas en arrière, ou que nous ayons fait un pas en avant suffisant pour combler l'écart et empêcher leur domination. Enfin. Je ne vais pas partir défaitiste alors laissons-nous quelques courses pour rêver.

Si je ne m'endors pas au milieu. Grâce a beau être un ange, elle reste un bébé qui ne fait pas ses nuits faisant de moi une mère épuisée dont le stock de fond de teint ne suffira pas bien longtemps à cacher les cernes. C'est pourquoi une fois le départ passé et la situation globalement stabilisée en piste, je décide d'aller la mettre dans son lit pour dormir : c'est plus sûr. Son lit est de plus bien plus confortable et dans cette chambre immense décorée de fleurs, de princesses et de jolis oursons elle ne pourra que faire de doux rêves. Plus que dans le salon où maman risque de se montrer peu cordiale avec ceux qui essaieraient de ruiner la course de papa.

Par miracle, elle ne se réveille pas durant le trajet ni une fois posée dans son berceau - ce qui est pourtant souvent le cas, même le passage dans la gigoteuse se fait sans qu'elle n'ouvre un oeil ou n'émette un seul petit pleurs. Un vrai miracle dont je ne vais pas me plaindre.

L'univers semblant extrêmement clément et bienveillant envers moi, à peine suis-je de retour dans la pièce de vie principale après être restée de longues minutes à regarder Grâce dormir comme un petit ange, la porte d'entrée de la maison s'ouvre. Ne connaissant que deux personnes qui ne s'embarrassent pas d'attendre qu'on vienne leur ouvrir et l'une d'elle étant dans un autre pays, je ne suis pas surprise de voir entrer ma meilleure amie des sacs pleins les bras. Elle est décidément incorrigible.

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