40. Gaby.

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Le retour de Melanie avait eu un effet sur moi car je n'avais presque pas dormi. Non pas parce que je cogitais, mais plutôt à cause de Gaby qui avait ainsi l'excuse parfaite pour s'occuper de moi : en début de soirée, elle m'avait fait les ongles (un joli verni rouge foncé, je devais admettre que ça m'allait bien), elle avait tressé mes cheveux (sauf la frange) et elle avait réussi à me convaincre de me faire un masque... ou plutôt un trio de masques (en fonction des différentes zones du visage, il fallait un type différent selon elle). Je suis une fille assez féminine, mais Gaby est au-delà de la féminité ! À onze heures du soir, elle avait lancé un épisode d'une série que je ne connaissais pas encore : Stranger Things. Puis un second épisode. Et un troisième. Même si la série était génialissime, je ne résistai pas et m'endormis après une heure et demie du matin.

Le réveil fut difficile. J'avais peu dormi, et contrairement à Gaby, je n'étais pas montée sur ressorts. Elle avait une pêche d'enfer tandis que je me traînais avec peine hors de son lit. Elle défit mes tresses, si bien que mes cheveux ondulaient. Ça me faisait une tête différente, mais j'aimais beaucoup. Ma meilleure amie avait vraiment de bonnes idées, et je devais apprendre à la laisser m'influencer un peu plus. En tout cas, cette petite soirée improvisée nous avait beaucoup rapprochées. Depuis mon arrivée à Beacon City, j'avais été tellement dans mon monde : je me rendais compte que je l'avais un peu négligée. Elle ne s'en était jamais plainte, mais je sentais qu'elle était contente de ce temps passé ensemble si bien que je lui proposai de remettre ça au moins une fois par mois. La réponse arriva sous forme d'applaudissements et petits cris de joie.

Malheureusement, le temps d'aller en cours arriva bien vite. J'envoyai un message à Ryan pour lui dire que j'empruntais des vêtements à Gaby, qu'il n'avait pas besoin de m'en apporter. Puis nous nous sommes mises en route, et sur le chemin, mon cousin nous rattrapa et me donna une partie de mes affaires de cours. Nous avons continué à marcher jusqu'au lycée puis Gaby s'absenta parce qu'elle devait récupérer quelque chose auprès d'une amie avant les cours. Ce n'est qu'à ce moment-là que Ryan aborda le sujet douloureux.

- Elle ne sait pas combien de temps elle va rester. Zut. Allais-je devoir déménager à nouveau ? Elle était très peinée hier quand tu es partie.

- Moi aussi je l'étais quand elle m'a abandonnée. J'étais surprise par mon ton sec et limite agressif. Ça ne me ressemblait pas d'être comme ça.

- Hey ! Calme ! Je suis de ton côté cousine. Je te fais juste le rapport de ce qu'il s'est passé hier soir.

- Désolée, je ne voulais pas m'emporter. 

- C'est rien, t'inquiète pas. Bref... elle sait qu'elle doit te laisser du temps, Evan et moi lui avons bien fait comprendre, mais... il s'arrêta quelques secondes, il hésitait, elle insiste pour te parler.

- Je n'ai rien à apprendre d'elle. Je sais déjà que le père Noël n'existe pas et aussi comment on fait les bébés. Apparemment, le sarcasme était un de mes mécanismes de défense.

- Ah ben ça, je l'ai remarqué. Le sourire qu'il m'adressait voulait tout dire. Je me mis à rougir en baissant la tête. Il n'allait vraiment pas me lâcher avec ça. Elle dit avoir des choses à t'expliquer, surtout à propos de, il regarda autour de lui brièvement en baissant la voix, de ce que tu sais. Elle nous a demandé de te convaincre de la rencontrer, mais Amelia, il se posta face à moi et me prit par les épaules, si tu n'en as pas le courage, ou pas l'envie, ne le fait pas. Que ça soit à propos du monde magique ou non, il faut que tu suives ton instinct et ton cœur. Ne te force pas juste pour avoir des informations. Si réellement elle sait quelque chose d'important, elle peut tout aussi bien me le dire à moi. Il m'adressa un sourire auquel je répondis.

Les larmes des SaphirsDes histoires addictives. Découvrez maintenant