Evan m'avait conduite directement au sous-sol de sa maison, c'est-à-dire dans sa chambre. Il m'aida en prenant mon sac à dos pour le poser dans le petit espace sous l'escalier. Il m'aida à retirer ma veste aussi. Je ne savais pas pourquoi, mais mon corps refusait de me répondre. Je voulais qu'il bouge, qu'il fasse toutes ces choses par lui-même, mais c'était comme si lui et moi étions totalement déconnectés l'un de l'autre.
- Euh... Evan eut l'air un peu gêné d'un coup. Avant de craquer, il faudrait que tu te débarbouilles. Il pointa mon visage. Tu es couverte de sang et si ça sèche trop, se sera une galère à enlever. Le plus simple, c'est que tu prennes une douche.
Il me prit par la main et m'entraîna avec lui jusqu'à une porte bleue que je n'avais pas encore vue. Évidemment, il avait une salle de bain. Ma bouche refusait de s'ouvrir pour laisser échapper ne serait-ce qu'un mot. J'étais silencieuse depuis que j'étais montée dans sa voiture. Il tira un linge d'une petite armoire et le posa sur le lavabo adjacent à la baignoire.
- Je vais te chercher quelque chose à te mettre. Je t'y poserai là ok ?
Il pointa le lavabo, et je hochai la tête. Je n'avais aucune idée du type de vêtements qu'il pourrait me trouver puisqu'il faisait une tête de plus que moi, mais je n'avais même pas l'énergie de penser à ça pour le moment. Il quitta la pièce en fermant la porte, me laissant seule. Je soupirai un grand coup et me retournai pour faire face au miroir. Tout le côté gauche de mon visage était couvert de sang, et je remarquai qu'il avait coulé dans mon cou et même plus bas. Je retirai mon débardeur couvert de tâches et le roulai en boule dans un coin.
Puis je regardai mon reflet à nouveau. J'avais de la peine à me reconnaître. J'avais une trace de boue sous ma mâchoire. Cela venait sûrement du moment où j'avais trébuché après que Gaby m'ait envoyé ce caillou. Je baissai la tête, essayant de refouler les larmes qui montaient à nouveau et je vis les marques de la corde sur mes poignets, cette même corde que Ryan voulait désespérément me retirer pendant que Melanie retenait Gaby.
Melanie.
Gaby.
Celle que je prenais pour ma meilleure amie, ma sœur de cœur. Celle à qui j'avais raconté mes plus sombres secrets. Celle qui m'avait encouragée quand ça n'allait pas, et qui était toujours si positive. Celle qui m'avait consolée plus d'une fois, y compris lors du décès de mon père. Plus de 10 ans d'amitié. Tout n'était que manipulation. Elle m'espionnait depuis le début et elle croyait encore me faire une fleur.
Et Melanie. Celle qui m'avait donné la vie pour m'abandonner par la suite. Celle qui n'avait jamais donné signe de vie. Celle qui ne s'était jamais préoccupé de ma sécurité ou de ma santé. Elle était de retour. Elle pensait que tout serait vite oublié uniquement parce que je suis sortie de son utérus, que j'allais lui tomber dans les bras parce que c'est bien connu que les filles ont besoin de leur mère. Comme si être ma génitrice lui donnait le droit de commettre les pires erreurs et m'obligeait à tout lui pardonner, y compris de m'avoir laissée tomber face à tout ça. Elle se trompait.
Les deux femmes dans ma vie pour qui j'aurais dû compter.
J'ouvris le robinet, laissant couler un filet tiède et entrai ainsi dans la baignoire, encore à moitié habillée. Je voulais retirer ce goût métallique de ma bouche au plus vite. Je voulais retirer les traces de leurs passages, de leurs trahisons. Le contact de l'eau sur mon visage provoqua comme une décharge électrique dans ma tête. D'un coup, les vannes du barrage cédèrent pour de bon et mes larmes se mêlèrent à l'eau. J'entendis deux petits coups frappés à la porte et pour seule réponse, je lâchai un sanglot. Evan entra sans même hésiter.
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Les larmes des Saphirs
Mystery / ThrillerAprès un accident de voiture, Amelia va être contrainte d'aller habiter chez son cousin, Ryan, dans une ville qu'elle ne connait que très peu. Elle est fragilisée physiquement, psychologiquement et espère avoir le temps de récupérer. Seulement rien...
