Chapitre 46

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Une semaine s'est écoulée, et la vie semble paisible. Noah et moi continuons de partager des moments de tendresse, de complicité, mais sans jamais évoquer directement ce que nous ressentons l'un pour l'autre. Pourtant, dans le fond, je sais que ces sentiments existent, même si aucun de nous ne les exprime clairement.

Chaque fois qu'il me regarde, que sa main frôle la mienne, mon cœur bat plus vite. Il y a quelque chose entre nous, une attraction, une connexion que je n'avais jamais ressentie auparavant. Mais malgré cela, je garde tout pour moi, par peur de ce que cela pourrait changer.

Cependant, depuis quelques semaines, quelque chose me trouble profondément. J'ai cette sensation d'être constamment observée. Peu importe où je vais, cette impression d'avoir des yeux sur moi ne me quitte pas. Je sens parfois une présence dans l'ombre, des regards qui suivent chacun de mes mouvements, mais quand je me retourne, il n'y a personne.

Je ne veux pas en parler à Noah. Je ne veux pas l'inquiéter, surtout qu'il est déjà préoccupé par ses affaires. Alors, je me fais discrète, j'essaie de gérer ça seule. Je me cache parfois lorsque Noah n'est pas à la maison, et j'éteins souvent mon téléphone, comme si cela pouvait rompre ce lien invisible entre moi et ce que je crois être une menace.

Un soir, alors que nous étions à table, Noah m'a lancé un regard perplexe.

-Pourquoi tu ne réponds jamais à mon téléphone ces derniers jours ? Je t'appelle et ton portable est toujours éteint.

Je lui ai simplement répondu, avec un sourire feint :

-Il était juste éteint. Rien de grave.

Mais au fond de moi, la peur est bien réelle.


***


Noah est au travail, et la maison est étrangement silencieuse. Je suis seule, en train de ranger quelques affaires dans le salon. C'est une de ces journées où tout semble normal en apparence, mais cette sensation persistante d'être épiée ne me quitte pas. J'essaie de l'ignorer, me concentrant sur les tâches à accomplir.

Alors que je monte dans notre chambre pour ranger quelques vêtements, j'entends un bruit venant de l'étage inférieur. Mon cœur rate un battement. C'était faible, presque imperceptible, mais assez pour me figer sur place. Je me dis d'abord que c'est probablement mon imagination. Mais à peine quelques secondes plus tard, le bruit se fait de nouveau entendre, plus fort cette fois. Comme si quelque chose ou quelqu'un bougeait en bas.

Mon souffle s'accélère. Une boule d'angoisse se forme dans ma poitrine. Instinctivement, je me précipite vers le dressing que Noah et moi partageons désormais depuis cette semaine. C'était une décision naturelle, après avoir passé tant de nuits ensemble, de réunir nos affaires dans la même pièce. Mais en cet instant, c'est plus un refuge qu'un espace de rangement.

Je m'enferme dans le dressing, le cœur battant à tout rompre. Je tends l'oreille, mais le bruit continue, des pas... ou peut-être autre chose ? Je n'arrive plus à penser clairement. Mon téléphone est dans ma main, je le déverrouille rapidement et appelle Noah. Une première sonnerie, puis une deuxième. Aucune réponse.

Je réessaie, les mains tremblantes, priant qu'il décroche. Mais rien. Juste le silence oppressant de la maison, interrompu par ces bruits inquiétants en bas.

Je commence à perdre mes moyens. Mon esprit se remplit de scénarios terrifiants. Mon pouls s'accélère encore, et je sens une vague de panique me submerger.

Le souffle court, je saisis mon téléphone et mon sac d'un geste rapide. Mon instinct me dicte de fuir, de quitter cette maison où chaque ombre me paraît menaçante. Je descends les escaliers à toute vitesse, ne prenant même pas le temps de réfléchir à ce que je laisse derrière moi. Mes pieds frappent lourdement le sol, chaque pas résonnant comme une alarme dans ma tête.

The WilsonOù les histoires vivent. Découvrez maintenant