Houston St 1 Appartement || Greenwich Village.
DÉCEMBRE.
En général, je saute les préliminaires pour passer directement à l'étape la plus cruciale pour les mecs : me faire sauter. La plupart n'attendent pas que je sois lubrifié ou mouillé naturellement pour me prendre - ce qui n'arrivait jamais. D'autres se contentent de cracher sur leur main et de me doigter de cette manière pendant plusieurs minutes, comme un vulgaire jouet.
Je savais ce qui m'attendait à chaque fois, la légère brûlure au niveau de mon bassin, la sensation du sang contre mes cuisses, les gémissements écœurants aux creux de mes oreilles. J'ai fini par arrêter de pleurer au bout de la troisième fois, j'ai compris que ça ne servait plus à rien, ils avaient l'air d'aimer mon silence. Seul Mchley était le plus violent, passant des morsures jusqu'aux gifles déchirante sur mon cul. J'ai dû me retrouver avec plus de bleus en une semaine que dans toute ma vie.
Agacé, j'essaie de dégager ses souvenirs en me concentrant sur le vert face au miroir. Le vert qui patiente comme un malade depuis plus de dix minutes, mes anciens plans culs profiteraient de cette occasion pour s'introduire en moi, mais pas Matveï. Je n'ai jamais eu de mal à le différencier d'eux pendant nos parties de jambes en l'air, parce que j'avais un visuel sur tout ce qu'il faisait, et il se contentait seulement de glisser ses doigts entre mes jambes. Pas plus.
À part quelques branlettes avec ma main, je n'ai pas utilisé de sextoy depuis notre premier rendez-vous. Mon cerveau fonctionne de manière logique : quand je contrôle mon corps, tout va bien. Et quand j'ai proposé ce jeu stupide à Matveï, je me suis laissé emporter par mon envie d'être pris, j'en ai besoin. Je n'avais pas prévu de flipper comme un ado prépubère qui fait sa première fois.
— T'es magnifique, trésor.
Trésor. Il l'a prononcée avec tellement de douceur que je pourrais me mettre à pleurnicher à nouveau, il sait exactement quand changer de surnom, variant l'intensité et le ton dont j'ai besoin. Je me surprends moi-même à acquiescer naïvement, je suis canon, ce n'est pas un mensonge, j'arrive mieux à l'assimiler lorsque je le prononce. Parce que Matveï le dit tellement amoureusement que je suis déconcerté pendant quelques secondes.
J'ai laissé tomber cette image de con arrogant avec lui depuis des semaines, inconsciemment, mon corps dévoile ses faiblesses sans me laisser de choix. Six mois auparavant, je n'aurais jamais pleuré honteusement en avouant m'être fait violer par Corey Mchley, à plusieurs reprises.
— Est-ce que ça te dégoûte ? demandais-je. Pas le nombre de mecs que j'ai eu dans mon lit, je m'en tape de ton avis sur ça, je parle de ce que Mchley m'a fait.
Au fond, je tente de masquer ma voix tremblante et l'incertitude, je sais que Veï ne fait pas partie de cette catégorie : celle des personnes qui voient le corps des victimes avec un tel dégoût. Ce n'est pas pour lui que je demande, mais pour moi, j'ai besoin d'être rassuré un maximum pour la suite. J'ai dit qu'on ne parlerait pas de Mchley, et il ne fait aucune remarque sur le fait que je transgresse ma propre règle.
— Dis-moi ce qui est censé me dégoûter, Dior, souffle-t-il avec confusion, je suis perdu.
— Tu.. tu ne vois vraiment pas ?
Toujours nu et appuyé contre l'évier froid de la salle de bain, je sens qu'il éloigne sa main pour la glisser sur mon dos. Je soupire d'aise quand la chaleur de ses doigts se confond avec le froid de ma peau, J'ai l'impression qu'il me marque à chaque passage, et j'ai envie qu'il le fasse.
— Je vais te dire ce que je vois lyubov, je vois mon mec pencher et désirable. Je vois à quel point il est beau, putain si tu savais à quel point t'es incroyable.
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STARBOY
RomanceDe son nom adoptif, Dior Ivory Arslan Shaplen, est un fils surprotégé par ses deux pères, Cooper et Colin. Les deux plus grands hockeyeurs de Los Angeles, des États-Unis et de la Californie. L'atmosphère des articles, des interviews et des photograp...
