CHAPITRE 35 - DIOR

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Houston St 1 Appartement || Greenwich Village.
DÉCEMBRE.

Une semaine est passée depuis notre balade au marché de noël, une semaine à rester éloigné de Matveï, comme un gosse puni. Ces entraînements lui prennent la moitié du temps, étant donné le match retour contre Boston dans moins de quarante-huit heures. En silence, je prends mon petit-déjeuner qui se compose uniquement de céréales et de fruits bio ce matin, quand mes oncles ont proposé de me laisser dormir quelques jours ici, je ne m'attendais pas à ce que ces jours se transforment en semaine.

Ari-Soo est passée environ trois heures pour se plaindre de Baek-Hyun et de sa façon incessante de lui envoyer des messages, et j'ai écouté chaque plainte avec ennui. Si bien que j'ai pensé plusieurs fois à me jeter par la fenêtre.

— Comment se passent les entraînements de Matveï ? Il est prêt pour le match ?

En amenant la cuillère couverte de lait et de céréales, je hausse les épaules, j'aimerais lui répondre que je m'en contrefous de cette équipe merdique qui utilise des patins comme moyen de faire du sport. Mais en réalité, tout ce qui touche Matveï est important à mes yeux, et je déteste ça.

La distance qu'il s'est mis à creuser entre nous m'a obligé à y mettre du mien en matière de romantisme, je n'aime pas envoyer des messages toutes les heures, appeler plus de trois fois dans la journée, sauf qu'il me contraint à le faire. J'ai l'impression d'être un mari qui se fait cocu, un peu comme Baek-Soon.

— Mmm, laisse échapper Lyam, elle est très belle ta bague.

— Ouais, plus belle que la tienne.

Levant mes doigts pour les bouger dans tous les sens, j'aperçois les diamants de la bague qui se répercute contre la petite lampe de la cuisine. J'ai passé tellement de nuits à l'observer que je peux décrire chaque détail du bijou, notamment l'odeur de fleur d'oranger qu'elle semble dégager - je pense que j'invente ces effluves dus à la solitude. Il me manque tellement que je le sens partout. Chaque minute. 

— Gamin de merde, tu as de la chance que ton mec ait bon goût.

Un sourire enfantin se dessine sur mes lèvres alors qu'il roule des yeux en mangeant sa tartine couverte de chocolat, il ne sait pas à quel point j'ai de la chance, c'est Matveï qui est malheureux dans cette histoire. Être obligé de quitter les entraînements pour m'accorder ne serait-ce que dix minutes de temps d'appel doivent le faire sacrément chier.

Nerveusement, je tourne la cuillère autour du bol avant de la lâcher, malgré les diplômes d'Espen en termes de psychologie, je crois que mon cerveau me pousse à me confier à Lyam plus que n'importe qui. Il est une partie de mon père, et je ne fais confiance qu'à eux.

— Peut-être qu'il est le seul à être chanceux dans cette histoire.

Ses yeux bleus se reposent sur moi avec confusion pendant que je triture mes chaussettes sur le rebord du tabouret en bois, comparé à mes oncles, mes parents n'ont jamais connu ce passage de doute sentimental et du fait d'être aimé par un idiot beaucoup trop amoureux.

— Oh Dior, crois-moi tu es unique, un petit con unique.

— Ça n'a rien à voir.. il n'existe qu'un seul Matveï aussi. Je ne veux pas le remplacer.

Ma main libre vient s'enrouler autour de mon genou avec dédain au moment où Lyam dépose sa tartine sur le comptoir, ce qui signifie qu'il s'agit désormais d'une discussion sérieuse. Il ne délaisserait jamais sa nourriture si ce n'était pas le cas, je n'ose pas lever les yeux vers lui, par peur d'y croiser un mélange de colère et d'ennui. Quand il s'agit de me dévaloriser moi-même, il déteste m'entendre.

STARBOYOù les histoires vivent. Découvrez maintenant