Pont de Brooklyn || New York.
JANVIER.
J'ai l'impression d'être un gosse dans l'attente de son bisous baveux avec sa copine, j'ai mal au ventre, et je suis tordu de peur depuis plus de deux heures, lorsque j'ai quitté l'appartement et la chaleur confortable de mon lit pour marcher jusqu'au pont - l'endroit où il m'a demandé de sortir avec lui, je n'ai pas arrêté de flipper comme un gamin. En tout, j'ai mis trente minutes avant de lui envoyer un message pour lui demander de me rejoindre, je sens à peine les battements irréguliers de mon cœur sous le sweat gris.
Nerveusement, je tourne entre mes doigts l'anneau en diamant qui se trouve sur mon index, inconsciemment, je crois que j'ai tout foiré : les bougies vont finir par s'éteindre après autant de temps à l'extérieur, la pluie va ravager le pont et nous faire mourir de froid. Ouais, j'ai vraiment foiré, et Matveï va me détester pour ce souvenir pitoyable. Il aime les gestes romantiques à l'eau de rose qui me font gerber, et je ne sais pas comment faire ça sans paraître niais ou totalement con. J'ai essayé.
Quand j'entends des pas résonner sur le bois, je me relève brusquement en emportant le gobelet rempli de coca que j'étais passé acheter au Bread Café, il est inutile de dire que le soda renversé sur mon sweat blanc me fait pester inutilement. Je suis réellement en train de merder en beauté alors que le rendez-vous n'a même pas commencé.
— Um.. tu as dû te tromper sur l'adresse. Le pont de Brooklyn n'est définitivement pas un endroit romantique.
Je mets quelques secondes avant de voir où il veut en venir : il a remarqué que j'étais flippé et aussi stressé que lors d'un entretien d'embauche. J'ai sorti cette phrase quand il m'a emmené ici, pour notre premier rencard. Le gobelet désormais vide entre les mains, j'essaie de cacher le sourire qui menace d'apparaître. Recréer exactement les mêmes phrases et gestes me met en confiance, il le sait. Car c'est un moment qui s'est déjà passé, et je peux le gérer.
— Oh ? Tu voulais du romantisme, je pensais que c'était trop niais pour un mec aussi parfait que toi.
— Va te faire foutre, gronde-t-il en m'imitant d'une voix aiguë, ça ne t'a même pas pris dix minutes pour arriver ici. Deux jours mon cul, tu m'as eu par les sentiments.
OK. Je vais le gifler si cette comédie ne s'arrête pas tout de suite, quand il aperçoit mes sourcils se froncer, il lève les mains en souriant. Ses yeux verts se perdent sur mon sweat blanc, dépité, il retire sa veste pour la poser sur mes épaules, couvrir la tâche de coca est la première étape à la gêne qui s'installe entre nous. Lentement, ses doigts se posent sur le coin de mes lèvres pour effacer toute trace du gâteau au chocolat que j'ai dû m'enfiler en l'attendant, manger me permet de libérer toutes les angoisses, et j'ai trop mangé. Les mains tremblantes, je dépose le gobelet sur le banc avant d'entrouvrir les lèvres, terrifié, j'ai préparé mon discours au moins dix fois avec mon père, et je n'arrive pas à le prononcer face à lui.
— Dis-moi ce qui se passe, trésor, je n'aime pas te voir dans cet état.
Autour de nous, les bougies éclairent sa peau bronzée et son tatouage de vanille, il sacrifie sa veste et le risque d'avoir un rhume seulement pour moi, c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai pris cette décision, et je crains qu'il ne se mette à pleurer comme un bébé. Au vu de la tendresse que ses doigts mettent pour caresser ma peau, je comprends qu'il est vraiment inquiet. Je n'aime pas te voir dans cet état aussi, luv.
— J'ai appris pour Mrizak et son accident, Baek-Soon doit être terrifiée.
— Il tient le coup, je crois qu'il va mettre un peu de temps avant de lui avouer ses sentiments maintenant. L'accident de voiture l'a un peu choqué.
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STARBOY
RomanceDe son nom adoptif, Dior Ivory Arslan Shaplen, est un fils surprotégé par ses deux pères, Cooper et Colin. Les deux plus grands hockeyeurs de Los Angeles, des États-Unis et de la Californie. L'atmosphère des articles, des interviews et des photograp...
