Severino
Les rayons du matin pénétraient dans la villa, dardant leurs lumières froides sur les meubles soigneusement disposés. Le silence était presque palpable. Je n'avais pas bougé de mon fauteuil depuis que je m'étais levé, perdant une partie de mon temps à réfléchir à tout ce qui m'entourait. Irène n'était pas là. Elle était sortie un peu plus tôt, mais j'avais bien vu qu'elle n'était pas en état de faire face à la réalité. Elle avait ce regard, cette lueur dans les yeux, comme si elle cherchait une réponse à des questions qui la tourmentaient.
Je n'avais aucune idée de ce qui se passait dans sa tête, mais je m'en fichais. Pas aujourd'hui. Pas demain. Et surtout, pas à cause d'une étrangère qui venait chambouler l'équilibre fragile que j'avais construit. Mais pourtant, plus je me perdais dans mes pensées, plus je sentais ce pincement dans le cœur. Tu n'as rien à lui dire, me répétais-je intérieurement. C'est pour son bien.
Les minutes passaient sans qu'elle ne rentre. Je devais l'ignorer. C'était plus facile de rester de marbre, de me montrer distant. Pourtant, ce vide qu'elle laissait m'inquiétait. Ce silence pesant me donnait l'impression que je n'avais plus le contrôle. Et ce contrôle, c'était tout ce que j'avais.
Elle finit par revenir en fin d'après-midi. Ses pas étaient rapides, presque précipités. Mais quand elle franchit la porte, je restai silencieux, les bras croisés sur ma poitrine, comme une barrière entre elle et moi. Elle jeta un regard furtif dans ma direction, mais je ne fléchis pas. Elle n'était pas là pour discuter, pas après ce qu'il s'était passé, ce qu'elle pensait avoir vu.
- Tu n'as rien à me dire ? Dit-elle d'une voix calme mais il y avait cette petite pointe de défi.
J'aurais dû la laisser en paix. Mais je me levai, me forçant à maintenir cette distance.
- Qu'est-ce que tu veux. Ma question sortit plus froide que je ne l'avais imaginé.
Pourquoi elle revient me chercher, encore et encore ?
Elle secoua la tête, un peu perdu, ses yeux fuyant les miens comme si elle avait du mal à déchiffrer ce que j'étais en train de devenir. J'en avais assez de ces jeux. J'en avais assez de cette recherche incessante de vérité, de réponses qu'elle ne trouverait pas chez moi. C'était peut-être pour ça que je la repoussais. Parce qu'au fond, je savais qu'elle risquait de découvrir ce que je cachais vraiment, ce que je ne pouvais pas lui dire, ce que je n'étais pas prêt à lui offrir. Une part de moi s'effrayait à l'idée qu'elle découvre la vérité. Pas simplement sur moi, mais sur ce monde que je lui avais dissimulé.
- Tu sais ce qui m'inquiète ? Que tu me fasses toujours ça.
Elle avait parlé plus fort, presque avec un air de défi. Mais je pouvais sentir qu'il y avait autre chose sous ses mots. Elle se détournait encore de moi, cherchant des réponses dans le vide de la pièce.
Je l'attrapai par le bras sans un mot, la faisant se retourner brusquement. Je sentis sa tension sous mes doigts, mais je ne voulais pas céder. Elle devait comprendre, même si c'était brutal.
- Ce que je fais, c'est pour toi. Ne l'oublie pas. Je m'approchai d'elle, mes yeux durs et froids, ne laissant aucune place à la douceur.
Elle se libéra de ma prise, d'un geste presque violent, son regard défiant.
- Tu penses vraiment que c'est pour moi ?! Tu n'as aucune idée de ce que je ressens. Et tu continues à m'éviter, à te cacher derrière tes silences et tes mensonges !
Je haussai les épaules, détournant le regard. Cette guerre, je ne la perdais pas, pas maintenant.
- Je n'ai rien à te dire, Irène.
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Milza
Художественная прозаMes cauchemars me hantes, ses voix me tourmentes, pourquoi ai-je mériter ce sort? , ma vie, mon enfance, mes parents, mes amies, mon ex-petit ami ont détruit le peu d'espoirs qu'il me rester, le peu d'espérance qui me permettais de tenir le coup da...
