Irène
Un silence pesant s'abattit sur la pièce, brisé seulement par le crépitement du bois calciné et les respirations saccadées des hommes encore debout.
— Merde ! rugit Severino en lançant violemment son arme contre le mur.
Ses yeux, d'habitude si contrôlés, étaient brûlants de rage. Il passa une main dans ses cheveux, ses mâchoires crispées comme s'il se retenait d'exploser.
Moi, j'étais encore figée, incapable de détourner mon regard de cette chaise vide.
Tiziano l'avait pris. Il avait pris mon frère.
— Irène, ça va ?
Je tournai la tête vers Severino. Il était déjà devant moi, ses mains glissant sur mes bras, cherchant une éventuelle blessure.
— Je vais bien, soufflai-je. Mais Éros...
Ma voix se brisa avant que je ne puisse terminer ma phrase.
— On va le retrouver.
Son ton était dur, sans appel.
Mais avant que je puisse répondre, une sonnerie stridente retentit dans la pièce.
Un téléphone.
L'un des hommes de Severino fouilla rapidement le corps d'un des gardes de Tiziano au sol et en sortit un portable vibrant. Numéro masqué.
Severino l'arracha des mains et décrocha sans hésitation.
— Tiziano.
Un rire froid s'éleva à l'autre bout du fil.
— Tu es plus rapide que prévu, Severino.
— Où est-il ? cracha mon mari, sa main crispée sur le téléphone.
— Calme-toi. Il est vivant. Pour l'instant.
Mes poings se serrèrent jusqu'à ce que mes ongles s'enfoncent dans ma paume.
— Tu fais une grosse erreur, poursuivit Severino d'une voix glaciale. Si tu lui fais le moindre mal, je te retrouverai et je t'arracherai la putain de peau.
Un silence. Puis un soupir amusé.
— C'est mignon de te voir jouer au grand frère protecteur pour quelqu'un qui n'est même pas de ta famille.
Je vis les doigts de Severino blanchir autour du téléphone.
— Ce que tu veux, c'est moi.
— Exact.
Mon souffle se coupa.
— Alors viens me chercher, reprit Tiziano. Seul. Demain soir.
Severino resta silencieux une seconde. Puis :
— Tu sais que je ne suis pas assez con pour accepter un deal pareil.
— Alors je vais rendre les choses plus intéressantes.
Un léger bruit métallique résonna dans l'appel. Un cran de sécurité qu'on enlève. Une arme qu'on charge.
Puis, la voix d'Éros, faible, tremblante :
— Ne viens pas, Irène... Il ne bluffe pas...
Un coup de feu.
Je hurlai.
Mais l'appel avait déjà coupé.
Et l'écran du téléphone affichait un simple message.
Les règles ont changé.
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Milza
General FictionMes cauchemars me hantes, ses voix me tourmentes, pourquoi ai-je mériter ce sort? , ma vie, mon enfance, mes parents, mes amies, mon ex-petit ami ont détruit le peu d'espoirs qu'il me rester, le peu d'espérance qui me permettais de tenir le coup da...
