who are you

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Irène





Je me réveillai lentement, la tête encore lourde, comme si mon crâne était une masse de béton. Je pris une grande inspiration, cherchant à me sortir du brouillard dans lequel je me trouvais. La pièce était sombre, à peine éclairée par quelques rayons de lumière venant de l'extérieur qui filtraient à travers les rideaux tirés. J'étais allongée sur un canapé, un canapé qui ne m'appartenait pas. Il ne m'appartenait jamais. Où suis-je ?
L'odeur boisée que j'avais perçue plus tôt m'envahit de nouveau, mais cette fois, ce n'était pas simplement un parfum. C'était un marquage. Il est là.

Je tournai la tête, et là, je le vis. Lui. Il était assis dans un fauteuil en cuir, les bras croisés, la tête légèrement inclinée, comme s'il m'observait depuis un moment déjà. Ses yeux sombres me fixaient avec une intensité glaciale, mais il n'y avait pas cette rage que je redoutais. Non, cette fois, il semblait... tranquille. Trop tranquille.
Mon cœur accéléra, mais je ne bougeai pas tout de suite. Le dernier souvenir que j'avais de lui était son emprise brutale, sa prise sur mon bras, la douleur qu'il m'avait infligée, et sa déclaration silencieuse de domination. Et maintenant, j'étais là, dans son espace. Dans son domaine. Je déglutis.

- Tu te réveilles enfin. dit-il d'une voix calme, mais lourde de sous-entendus.

Il me jaugeait comme un prédateur qui ne cherche même plus à cacher ses intentions. Propriétaire. Comme s'il avait droit sur moi, sur tout ce que j'étais.

Je serrai les poings sous la couverture, mon corps tout entier se tendant. Je voulais partir, m'enfuir, mais la fatigue, l'alcool, la douleur dans ma tête, tout cela me rendait presque impuissante. Je me levai néanmoins brusquement, mes jambes un peu trop faibles pour supporter mon poids. Je vacillai, cherchai à me raccrocher à quelque chose, mais rien. Rien de solide. Rien d'autre que mes bras tremblants.

Il se leva aussi, ses mouvements fluides et lents. C'était comme s'il se déplaçait dans un autre rythme, comme un homme qui sait qu'il a tout le temps devant lui. Il ne se pressait pas. Il savait que de toute manière, je ne pouvais pas lui échapper. Pas cette fois.

- T'as pas l'air en forme. dit-il d'un ton presque amusé, une lueur d'ironie dans la voix. Ses yeux balayaient mes gestes frénétiques, chaque mouvement que je faisais. Il me voyait faiblir, il le ressentait, il le savourait. Il m'aimait comme ça, vulnérable.
Je grognai, ma bouche s'ouvrant pour répliquer, mais les mots restèrent coincés dans ma gorge. Je ne savais pas quoi lui dire, quoi faire. Un coup d'œil à la porte, une évasion, mais je savais déjà qu'il serait là en quelques secondes. Trop rapide. Trop fort.

- C'est marrant, tu sais. Il s'approcha de moi, lentement, mais sans aucune précipitation. Il avait tout le temps du monde. Lui avait ce pouvoir. Il savait que je n'irais nulle part sans lui.

Je reculai instinctivement, mais il attrapa mon bras avant que je ne puisse faire un pas supplémentaire. Il ne me serra pas brutalement, juste assez pour me maintenir en place, pour me rappeler qu'il était là, toujours. Toujours là.

- T'as voulu partir hier, hein ? T'as voulu fuir. T'as fait la maligne dans la boîte. Il me laissa à peine le temps de réagir.

- Tu crois vraiment que tu pouvais t'échapper ? Tu crois vraiment que c'était ça, ta liberté ?.

Une chaleur monta en moi. Pas de la chaleur agréable, non. C'était une brûlure qui grandissait à chaque mot qu'il prononçait. Je bouillonnais. Je serrai les dents, fit de mon mieux pour ne pas réagir, mais c'était difficile. Mon esprit, mon cœur, tout en moi hurlait que je devais m'échapper, fuir. Mais il me tenait. Il me tenait toujours.

MilzaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant