Irène
Le hurlement avait déchiré le silence.
Un seul mot. Un nom.
— Demetrio.
Puis plus rien.
Même Severino, un instant, sembla désarçonné. Son regard s'était voilé. Pas de colère. Pas de peur. Une sorte d'incrédulité. Comme si ce nom réveillait une part de lui qu'il s'efforçait d'oublier.
— Remontez-le, dit-il d'une voix basse. Enfermez-les tous les trois.
Personne n'osa poser de question. Même Cabron, d'habitude si insolent, détourna les yeux. Il hocha la tête et fit signe à deux hommes. Le type fut traîné dehors, inconscient.
Je restai en arrière, figée. Ce nom ne me disait rien. Mais il avait provoqué une onde de choc silencieuse. Et ça, je le sentais.
Je rejoignis Severino dans le couloir.
— C'est qui... Demetrio ?
Il ne répondit pas tout de suite. Il s'arrêta devant une vieille commode, y posa ses deux mains comme pour se stabiliser.
— Le frère jumeau de Tiziano, finit-il par lâcher.
— Tiziano a un frère ? répétai-je, sans y croire.
— Avait. Disons qu'ils ne se croisent plus depuis longtemps.
Je fronçai les sourcils.
— Pourquoi ?
— Parce que deux fous ne peuvent coexister sans vouloir se détruire. Et ceux-là... n'étaient liés que par la violence.
Il tourna enfin la tête vers moi. Il n'avait pas l'air en colère, juste fatigué.
— Il ne faut jamais dire ce nom ici, Irène. Jamais.
Je voulus protester, comprendre, insister. Mais quelque chose dans son ton m'arrêta.
Pas un interdit. Un avertissement.
Et tout au fond de moi, une sensation désagréable grandissait.
Comme si, sans le savoir, on venait d'ouvrir une porte qu'on aurait dû laisser fermée à jamais.
La nuit était tombée sur la villa comme un couvercle.
Tout semblait plus lourd. L'air. Le silence. Les regards.
Je n'arrivais pas à dormir. Ce nom, Demetrio, tournait en boucle dans ma tête.
Tiziano avait un frère jumeau. Et pas un frère ordinaire.
Un frère dont le simple souvenir faisait vaciller Severino.
Je sortis de ma chambre pieds nus, le parquet grinçant doucement sous mes pas.
Dans le couloir, l'obscurité n'était percée que par une veilleuse oubliée.
Je n'avais pas de plan. Juste une intuition.
Et ce besoin presque maladif de comprendre ce qui m'échappait.
La porte du bureau de Severino était entrebâillée. Une lueur filtrait.
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Milza
General FictionMes cauchemars me hantes, ses voix me tourmentes, pourquoi ai-je mériter ce sort? , ma vie, mon enfance, mes parents, mes amies, mon ex-petit ami ont détruit le peu d'espoirs qu'il me rester, le peu d'espérance qui me permettais de tenir le coup da...
