Irène
La matinée était plus froide que d'habitude. Les rues défilaient sous mes pas comme une toile d'araignée que je tissais involontairement, une toile dont je n'arrivais plus à me défaire. Après la conversation avec Cabron, mes pensées tourbillonnaient, se heurtant les unes aux autres. Je n'avais pas voulu écouter ses avertissements, ni voir la vérité qui se cachait derrière ses paroles. Mais plus j'y pensais, plus j'étais hantée par l'idée qu'il avait peut-être raison.
J'avais quitté la villa brusquement, sans vraiment savoir pourquoi. Ce besoin de fuir, de ne pas me retrouver enfermée là, dans cette maison qui représentait tout ce que je détestais à cet instant. L'air frais sur mon visage, les bruits étouffés des rues désertées, tout cela ne parvenait pas à apaiser la tempête dans ma tête.
Cabron avait insisté, encore et encore : "Sois prudente. Tu es plus impliquée que tu ne le penses." Mais quoi ? Plus impliquée dans quel sens ? Et surtout, pourquoi Severino semblait-il me maintenir dans cet enchevêtrement de mensonges et de faux semblants ? Tiziano... Qui était-il vraiment dans tout cela ? Je me sentais à la fois spectatrice et actrice d'un drame dont je n'avais pas écrit les règles.
Je marchais sans but précis, le regard perdu dans la brume qui s'élevait de l'asphalte, jusqu'à ce qu'un bruit de pas me fasse m'arrêter net. Une silhouette s'approchait de moi dans la pénombre.
Une femme. Grande, silhouette élancée, cheveux roux qui brillaient presque sous la lumière blafarde des réverbères. Ses yeux, sombres, semblaient percer l'obscurité autour d'elle, fixant mes yeux avec une intensité troublante.
Je m'immobilisais, observant cette inconnue qui semblait surgir de nulle part. Ce n'était pas une rencontre qui s'imposait, mais une nécessité, quelque chose qui me paraissait de plus en plus évidente à chaque instant. Je sentais que cette femme, d'une manière ou d'une autre, avait des réponses.
- Qui êtes-vous ? dis-je sans détourner le regard.
La femme rousse s'arrêta à quelques mètres de moi, son visage partiellement éclairé par les néons. Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres, presque amusé, comme si elle savait déjà ce que j'allais dire.
-Femme rousse : On pourrait dire que je suis quelqu'un qui connaît bien les jeux de pouvoir dans ce monde. Mais toi, Irène... tu n'es qu'une pièce sur l'échiquier, sans même savoir comment y arriver. Dit-elle.
La dureté dans sa voix fit frissonner mon corps. Je serrais les poings, repoussant l'inquiétude qui voulait prendre place dans mon esprit. J'avais déjà eu trop de révélations, trop de manipulations. Je n'étais plus prête à être la spectatrice.
- Je ne suis pas ici pour qu'on me dise ce que je suis ou ce que je dois être. Si tu veux vraiment m'aider, alors parle clairement. Dis-je d'un ton tranchant.
La femme rousse sembla s'amuser de ma détermination, mais elle ne réagit pas comme l'aurait fait quelqu'un d'ordinaire. Elle s'avança encore d'un pas, son regard devenant plus perçant.
- Femme rousse : D'accord. Alors, écoute bien. Severino t'a dit des mensonges. Des mensonges qu'il ne veut pas que tu comprennes, parce qu'il craint trop de perdre le contrôle. Et toi... tu es bien plus qu'un simple pion dans son jeu. Mais tu vas découvrir ce que cela signifie. Pas maintenant, pas tout de suite, mais bientôt. Parce que Tiziano, lui, sait déjà pourquoi tu es importante. Tu es une clé dans tout ce merdier. Et tu finiras par comprendre pourquoi. Dit-elle d'un ton plus grave.
Le nom de Tiziano fit l'effet d'une décharge. Je me souvins des paroles de Cabron, de son avertissement. La tension monta d'un cran.
- Pourquoi est-ce que tu me dis ça ? Dis-je les poings serrés, luttant contre le flot de questions.
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Milza
Ficción GeneralMes cauchemars me hantes, ses voix me tourmentes, pourquoi ai-je mériter ce sort? , ma vie, mon enfance, mes parents, mes amies, mon ex-petit ami ont détruit le peu d'espoirs qu'il me rester, le peu d'espérance qui me permettais de tenir le coup da...
