Chapitre 34

407 53 4
                                        



Il m'avait fallu plusieurs minutes pour que les choqués de mon cours finissent par se calmer et quand ce fut fait, une jeune femme me témoigna sa sympathie devant tous les autres ce qui me réchauffa le coeur et me mis aussi mal à l'aise.

Je ne voulais pas que l'on me témoigne de la sympathie, que l'on me regarde avec pitié ou que l'on m'apprécie simplement parce que j'avais été une victime. Loin de là, cependant cela me donna chaud au coeur de voir que les étudiants de ma classe semblaient être chaleureux, compréhensibles même. L'un d'entre eux m'avait même proposé de me servir de technicien pour m'empêcher d'avoir constamment besoin de me déplacer. Ils étaient même prêts à ce que je m'asseye et cela pour le bien du bébé.

Alors, devant un tel accueil, les larmes qui m'étaient montées aux yeux s'étaient empressées de partir.

J'avais donc pû continuer ma présentation, leur parler du cours, leur laisser une bref pause où ils dévalisèrent mes bonbons et certains vinrent même en petit groupe pour me poser de plus amples questions sur les sujets qui seront abordés.

J'avais pu retrouver le calme et une bonne maitrise de moi-même, cependant cette maitrise ne durant pas. Après avoir libéré une quinzaine de minutes plus tôt mes étudiants, j'étais partis rejoindre mon bureau dans mon département pour me faire accueillir par des collègues glaciales.

Ceux avec qui je parlais avant ne me regardaient même pas et les amis de Frank semblaient vouloir m'assassiner du regard.

- Comment peux-tu avoir fait une telle chose ? me demanda Gloria, une de mes anciennes partenaires de correction en entrant dans mon bureau.

Moi qui pensais avoir fermé la porte pour ne pas entendre les commentaires à mon sujet sursautai et me tournai vers elle.

- Il t'aimait, il voulait même te demander en mariage Aïssa et tu l'as trompé! me dit-elle d'un dégout qui me brisa le coeur.

- Tu peux quitter mon bureau, s'il te plat ?

- Comment as-tu pu le tromper et tomber enceinte d'un autre?

- Tu crois que je mérite ce qu'il m'a fait ? Parce que j'ai commis l'erreur de boire et de coucher avec un homme, j'avais le droit de me faire violer et battre par mon petit-ami ? demandai-je en cachant mes mains tremblantes dans mon dos.

- Tu as bu, bla bla, c'est ça votre problème. " Oh, j'ai bu, j'étais en peine, j'ai fait une bêtise, mais je ne me souviens de rien, c'était une erreur, rien de plus". Vous jouez aux infidèles et ensuite mettez tout sur la responsabilité de l'alcool.

Je me mordis la joue et allai déposer mes mains qui tremblaient comme des feuilles sur mon ventre pour me calmer.

- Peu importe ce que j'ai fait, il n'avait pas le droit.

- Il allait te demander en mariage!

- Mais il m'a violé après m'avoir menacé de le faire avant même que je le trompe! criai-je.

Il allait me demander en mariage ? N'importe quoi!

- Il a cessé de....pour toi. Il ne voulait plus pour toi et toi, salope que tu es, tu l'as trompé.

Cessé quoi? Il me trompait? Avec elle?

- Je peux savoir qui t'as donné le droit de me juger ? demandai-je en clignant plusieurs fois les yeux.

- Tu m'as donné le droit quand tu l'as trompé, as eu le courage de porter plainte contre lui et eu le culot de dire au monde entier que tu baisais un autre dans son dos. Tu crois que tout le monde allait éprouver de la pitié pour toi en écoutant ton histoire ? Tu crois que tout le monde dirait: " oh, pauvre femme. Elle n'a pas mérité ça ?" Tu te trompe, les salopes méritent ce genre de chose et tu en es une. J'espère que c'est un garçon parce que si c'est une fille, il ne faudrait pas qu'elle devienne aussi salope que sa mère, termina-t-elle avant de se tenir les joues car je venais de lui foutre deux sacrées gifles.

Ne leur dit pasOù les histoires vivent. Découvrez maintenant