Point de vue d'Emma
L'air me manquai toujours plus. Je suffoquai, comme prise dans un épais brouillard de souffre. La noirceur qui m'engloutissait était épaisse, chaude, brûlante.
Non. Froide. Glaciale.
Elle me mordait l'épiderme.
Respirer était devenue un fardeau difficile à porter.
Prise de panique, mon souffle s'était fait de plus en plus haletant, et un étau s'était refermé sur moi.
Mon cœur battait-il encore ?
Il est partis... souffla Gab'.
Et je compris.
Le mal était fait. J'étais prisonnière, prisonnière de cette douleur, de cet acte. Si je me sentais lacinée de l'intérieur, ce n'était rien en comparaison de ce qui sévissait dans mon esprit. De la bataille qu'engendrait toute cette mascarade. Toute cette mauvaise blague, cette réalité dont je ne souhaitais qu'une chose ; qu'elle ne soit qu'un cauchemar dont je ne tarderais pas à me réveiller.
Un frisson me parcouru, l'étau se resserra et le glaive dans mon cœur sembla se pétrifier.
Oui, s'en était vraiment fini, il me l'avait pris, il me l'avait arraché et je n'avais plus rien.
Plus rien.
Néant.
Rien.
Seul une torpeur saisissante. Une peur prenant naissante au fond de mon être, au tréfonds de mon âme. Une peur m'habitant et me hantant dans le seul souhait de m'engouffrer et de me faire sombrer du haut de ce précipice. Une peur au vice sans frontière.
Je me recroquevillais, plus encore sur moi-même, me protégeant comme un enfant dans le ventre maternel.
Les battements assourdissant de mon cœur raisonnaient contre les parois de cette prison. Chaque tintement de cristal, me faisait trembler.
Pourquoi ? Pourquoi...
Pourquoi moi ? Qu'avais-je de particulier ?
Sacha m'avait détruite, brisée, anéantie.
Il m'avait prouvé que Dylan avait raison.
Que quoi que l'on fasse, quoi que l'on dise, les hommes restent des hommes, les hommes sont, et seront toujours des animaux.
Le souvenir de son poids sur mon corps me révulsait.
Je criai et mes pleurs redoublèrent, intarissable.
Je ressentais encore sa violence, terrifiante et effroyable, la manière avec laquelle il avait empoignée mes sous-vêtements. J'entendais toujours sa respiration, rauque et sifflante, dans ma nuque ; son extase de plaisir.
Et la sensation dont il m'avait marquée, était gravé sous ma peau, à l'encre noir.
Il avait laissé une marque indélébile en moi, qui je crois ne s'effacera jamais.
Le souffle d'une brise caressa mon dos nu. J'osais relever une paupière. Une infinité de ténèbres. Pourtant plus douce et plus respirable. Légère.
Je me redressai, en apesanteur, dans ma tenue de naissance. Une douce mélodie vint chatouiller mon oreille. Calme, apaisante, comme une présence, chaude et protectrice à la fois. Je me détendis. Les souvenir oppressant mis de côté, pour une heure où je serais seule, seule face à mes démons, une heure où personne ne viendrait m'aider à combattre ces monstres. Où je serais seule à faire face au regret et la culpabilité de ne pas m'être défendue pour ma liberté. D'avoir faiblie, d'avoir battue en retraite ainsi, s'offrant à sa merci. Me condamnant alors que tout n'était pas perdue et que l'espoir subsistait.
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Bring me to life
RomansaBring me to life Tome 1: To the Moon... Les apparence sont parfois, même bien souvent trompeuse. La vie d'Emma a volé en éclats il y a quatre ans lors de l'accident qui a tué sa mère. Em' ne se sent vivre qu'en courant et en étant sur le ring...