CHAPITRE TRENTE

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 Ma sortie avec Holden n'a pas suffi à apaiser mes nerfs. Je suis toujours branchée sur deux cents volt lorsque je rentre à la résidence. J'espère ne pas y trouver Summer. Ce serait le comble. Il suffirait d'une seule de ses remarques piquantes pour que j'explose et lui saute à la gorge. Je suis tellement tendue que je ne me reconnais presque plus. La rancœur que j'éprouve pour Cam fait bouillir le sang dans mes veines. Elle me tient comme une cage dont je ne parviens pas à m'échapper. Malgré mes tentatives, je n'arrive pas à me libérer de mes émotions.

Et les choses ne vont pas en s'arrangeant lorsque je passe la porte de ma chambre.

Assis au bord de mon lit, les coudes sur les genoux et la tête basse, je trouve Cameron.

Ma première réaction est de rester là à l'observer comme une bête dangereuse qui menace de m'attaquer à tout moment. Néanmoins, je constate rapidement que sa posture n'y ressemble en rien. Il a plutôt l'air d'un être abattu et inoffensif. Je me décide donc à entrer et referme la porte derrière moi. Dans les premiers temps, je ne lui adresse pas un seul mot et me contente de me débarrasser de mes affaires. J'abandonne ma veste sur la chaise de mon bureau et délaisse mon sac dans le même coin que d'habitude. Ce n'est qu'après que je l'affronte enfin.

-Il est vraiment temps que tu arrêtes de te servir de ta clé comme bon te semble, dis-je en posant les poings sur mes hanches. Dois-je te rappeler que tu n'es pas chez toi, ici ?

Le brun au corps tatoué lève les yeux vers moi. L'expression qui anime son visage ainsi que son regard me fait penser à celle d'un enfant prêt à se faire gronder. Une certaine culpabilité se reflète dans ses beaux yeux noirs.

-En plus, je ne vois même pas ce que tu fais là, Cam. Tu devrais partir.

Sa présence me perturbe bien plus que je ne le montre. Je ne me démonte pas pour autant et commence à m'affairer dans la chambre en tentant de l'ignorer du mieux que je peux. Je range nerveusement mon bureau alors que celui-ci est déjà parfaitement agencé. J'essaie seulement d'occuper mes mains. Je ne sais pas faire quoi d'autre en attendant qu'il parte.

S'il décide de partir...

-C'était un rencard ?

Sa voix rauque, presque cassée, me stoppe net. Dos à lui, je prends une profonde inspiration et fais le vide dans ma tête afin d'être la plus raisonnable possible avant de lui faire face. Je ne sais pas où il veut en venir – même si j'ai bien ma petite idée – mais je veux avoir l'esprit clair pour ne pas me faire avoir une fois de plus.

-De quoi est-ce que tu parles ?

-De toi avec ce connard blond.

-Ce n'est pas un connard, rétorque-je d'une voix dure en insistant particulièrement sur le dernier mot. Il s'appelle Holden et il est très sympa.

-Sympa ? C'est une nouvelle manière de dire de quelqu'un qu'il est chiant ?

-Non, soupire-je en le fusillant du regard. Il est vraiment gentil. Je l'aime bien.

-Donc c'était un rencard.

-Non.

Sa posture n'a pas changé depuis que je suis entrée dans la pièce mais ses muscles semblent se détendre brusquement. Comme s'il était soulagé d'apprendre que ce n'était pas un rendez-vous. Décidément, je ne percerai jamais le mystère qu'il est. Son comportement envers moi ne coïncide pas avec ce qu'il me répète à longueur de journée. Il ne veut pas de moi. Alors pourquoi a-t-il le culot d'être jaloux ?

-J'apprécie sa compagnie, c'est tout. C'est un ami.

Il se permet de ricaner d'une façon si dédaigneuse que j'en frissonne de dégoût. Lorsqu'il est comme ça, je me demande ce qui a bien pu m'attirer chez lui. Il m'horripile et me force presque à le haïr.

THE WAY - LA RENCONTREDes histoires addictives. Découvrez maintenant