CHAPITRE QUATRE-VINGT-NEUF

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-Comment est-ce que tu te sens ? 

     J'ai la réponse à cette question depuis la première fois où nous l'avons fait. Il y a de ça plusieurs heures. Une nuit est passée depuis et nous avons remis le couvert une deuxième fois. Je dois avouer que cette seconde tentative était encore meilleure que la première. Je n'ai jamais été aussi bien. 

     -Je me sens bien, réponds-je. Je me sens femme, en fait. 

     Le sourire de Cameron s'agrandit. La pression est enfin retombée et il me paraît plus heureux que jamais. Il est comblé. Il n'a pas arrêté de me le dire toute la nuit. Je suis sûre qu'il dit vrai. Je ressens la même chose que lui. 

     -J'avais peur de te faire mal. 

-Je sais, acquiesce-je en caressant ses cheveux désordonnés. Mais je n'ai pas vraiment eu mal. C'était un peu dérangeant au début mais ça n'a pas duré longtemps. 

-Tu ne regrettes pas, hein ? 

     Ce qu'il peut être borné. 

     Gloussant comme une gamine, je m'étale sur lui. 

     -Je t'ai dit dix une bonne dizaine de fois que non. C'était bien. 

-Bien ? 

-C'était très bien, renchéris-je en souriant de plus bel. Tu t'aies mis trop de pression. 

-Je m'en serais voulu à mort si j'avais gâché ta première fois. 

-Ça n'a pas été le cas alors détends-toi. 

     Et je le pense sincèrement. J'ai aimé. J'ai eu raison d'avoir confiance en lui car il a rendu ma première fois inoubliable. Je voulais qu'il soit le premier et j'ai obtenu ce que je voulais. Je ne pourrais pas être plus satisfaite qu'à cet instant. 

     -On avait attendu assez longtemps, de toute façon, rétorque-je. Il était temps qu'on saute le pas, tu ne penses pas ? 

-J'aurais pu attendre encore. 

-Mais tu en avais envie tout autant que moi. 

     Son sourire me confirme qu'il pense la même chose que moi. 

     -C'était le bon moment. 

-Oui, reconnaît-il finalement. 

-Tu imagines si on avait dû attendre la rentrée ? 

-J'aurais prit sur moi. 

-Pas moi, glousse-je. Je n'en pouvais plus de te tourner autour pour que tu craques enfin. 

     Il s'esclaffe et son sourire atteint presque ses oreilles. Je suis heureuse de le voir ainsi. Nous ne pouvions pas nous quitter d'une meilleure façon que celle-ci. On a marqué le coup. 

     -Arrête de te moquer de moi, réplique-t-il. On dirait que tu me prends pour une midinette. 

-C'est un peu le cas. Il a fallu que je te pousse à coucher avec moi tout ça parce que monsieur avait trop peur. 

-Ça suffit. Stop. 

-Quoi ? ris-je. Avoue-le. Tu avais peur. 

     Il lève les yeux au ciel en ignorant ma requête. Il n'avouera pas mais moi, je le sais. Il était terrifié. 

     -Tu as finalement eu ce que tu voulais, espèce de petite perverse. 

-Tu es très mal placé pour me dire ça, riposte-je. 

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