CHAPITRE SOIXANTE-SEIZE

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Quand Cameron rentre à l'appartement ce soir-là, Tim et moi savons pertinemment qu'il va nous falloir marcher sur des œufs. Hors de question de laisser la colère de Cam prendre le dessus. Je ne veux pas qu'il aille trouver Summer et Tim est plutôt de mon avis. Néanmoins, la pression est sur mes épaules puisque c'est à moi de le gérer si jamais il entreprend d'aller régler ses comptes avec mon affreuse colocataire. 

     A peine a-t-il franchi la porte d'entrée que le beau brun tatoué lance le sujet sur le tapis. Il doit probablement avoir ruminé cette histoire toute la journée. Il savait que c'était aujourd'hui que je devais aller à la résidence. 

     Dès qu'il me voit, il s'empresse de quémander des réponses. 

     -Tu es passée à la résidence ? 

     Depuis le comptoir de la cuisine, Tim nous observe d'un œil discret. Pour ma part, je ne suis pas décidée à quitter le canapé. Je préfère y aller en douceur avant d'attaquer le problème de front. 

     -Oui, il y a une heure environ. 

-Tu as récupéré tes affaires ? 

-Euh...on peut dire ça. 

-Comment ça ? Tu as croisé Summer ? Il s'est passé quelque chose ? 

     Comme je m'en étais douté, il ne faut pas moins de cinq secondes à Cameron pour partir dans ses délires et s'inquiéter. En plus, il est le maître pour deviner quand quelque chose ne va pas. Je savais que je ne pourrais pas lui cacher la vérité bien longtemps. Je ferais mieux de mettre directement les deux pieds dans le plat. 

     -On peut dire ça, répète-je en étant plus qu'incertaine quant à la suite de cette discussion. 

-Quoi ? Attends, Emery. Il va falloir que tu coopères un peu plus avec moi là.

-Très bien, bafouille-je en me levant. J'ai effectivement croisé Summer mais tu n'as pas à t'en faire pour ça... 

-Je m'inquiéterais chaque fois que je te saurais avec elle. 

-Tim était là, tente-je de le rassurer. Et puis, je ne me suis pas laissé faire. J'ai contrôlé la situation. 

     Ce point semble le soulager. Néanmoins, il ne tarde pas à revenir à la charge. 

     -Et pour tes affaires ? 

     Tim et moi échangeons un regard pendant de longues secondes. Je ne sais pas vraiment quels mots utiliser pour annoncer la nouvelle à Cameron sans qu'il ne se fâche et parte dans tous les sens. Je ne veux pas d'esclandre. Il ne manquerait plus que ça. 

     -C'est...compliqué. 

-Compliqué ? Bon sang, explique-moi, Em. 

     Mon regard se pose inconsciemment sur le sac près de l'entrée du salon. C'est là-dedans que nous avons mit le reste de mes affaires en vrac. Cameron voit que ce n'est plus lui que je regarde. Il baisse les yeux sur le sac en plastique. 

     -Qu'est-ce que c'est que ça ? me demande-t-il en le désignant du doigt. 

-Ce qu'il reste de mes affaires. 

-Ce qu'il reste ? répète-t-il en fronçant les sourcils. 

     J'acquiesce. Nous ne nous quittons pas des yeux pendant un instant. 

     Puis, comme s'il venait de reprendre vie, Cameron s'empare rapidement du sac et s'empresse de le poser sur la table pour fouiller à l'intérieur. Dès qu'il découvre ce qu'il renferme, ses yeux s'arrondissent et ses mouvements s'arrêtent brusquement. Il en extirpe lentement la robe taguée du mot « pute » et la détaille d'un air ahuri. 

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