CHAPITRE SOIXANTE-QUINZE

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  -Je vais me dépêcher. J'en ai pour cinq minutes.

Tout en prononçant ses mots, je traverse le couloir menant à ma chambre à la résidence. Enfin, si on peut toujours l'appeler ainsi. Je n'y ai pas mis les pieds depuis presque deux semaines.

-Pas besoin de te presser, me rassure Tim. Ça ne me dérange pas de t'accompagner.

-Je sais que c'est Cam qui t'a obligé à venir.

-N'importe quoi, glousse le blond au regard bleu comme la glace. Il ne m'a pas forcé. Je me suis proposé.

-De toute façon, la mission se jouait entre Sam et toi, pas vrai ?

-Oui. Il n'était pas rassuré à l'idée que tu puisses être seule ici. Il se méfie de Summer comme de la peste.

Sur ce point, je peux le comprendre. Je m'en méfie moi aussi. Je me porterais comme un charme si j'avais la certitude de ne pas la croiser. Cette fille ne devrait pas m'impressionner autant mais j'ai le sentiment que la douleur pourrait la rendre dangereuse. Je préfère rester sur mes gardes même si cela me dérange d'avoir besoin d'un garde du corps pour aller à ma chambre.

-Il n'est pas le seul, marmonne-je en fouillant dans mon sac pour y trouver mes clés.

-Summer n'est pas une sainte mais ça ne peut pas être si terrible.

-Tu n'as pas eu le droit à sa version super énervée et ultra dangereuse.

-Non, c'est vrai. En tout cas, si c'est cette version-là qui nous attend dans la chambre, ne panique pas. Je m'en occupe et toi, tu fais tes affaires.

-D'accord.

La présence de Tim me rassure énormément. A vrai dire, c'est en grande partie grâce à lui que je parviens à ouvrir la porte de la chambre sans trembler de tout mes membres. Je redoutais beaucoup cette visite. J'étais tellement nerveuse à l'idée de devoir revenir ici pour récupérer quelques affaires que Cameron a prit l'initiative de demander à ses colocataires si l'un d'eux pouvait m'accompagner aujourd'hui. Il est très prévenant en ce qui concerne Summer. Chaque soir, il ne peut s'empêcher de me demander si je l'ai croisé quelque part. La réponse est toujours négative mais notre inquiétude ne faiblit pas. Ni lui ni moi n'avons envie d'avoir affaire à elle. On ne sait pas de quoi elle pourrait bien être capable.

Lorsque je pénètre dans la chambre, j'ai la mauvaise surprise de découvrir la réponse à cette interrogation. A l'intérieur, Tim et moi tombons au beau milieu d'un massacre. D'un regard horrifié, j'observe le carnage de Summer. Plusieurs de mes vêtements sont éparpillés sur mon lit et mon bureau. Certains d'entre eux ont subi les foudres d'un ciseau et d'autres sont bousillés à coups de feutres sûrement indélébiles.

-C'est quoi ce bordel ? gronde mon garde du corps attitré.

-Summer version super énervé et ultra dangereuse. Surtout envers ma garde-robe visiblement.

J'ai l'impression d'avancer au beau milieu d'un champ de bataille déserté. Les cadavres sont nombreux. Le pire de tous est une de mes robes préférés taguée d'un « pute » en rouge sur le devant. En voyant le désastre, les larmes me montent aux yeux. Ce sont mes affaires qui sont saccagés dans tous les coins de la chambre. Des vêtements que mon père m'avait offert ou que j'avais acheté avec mes pauvres économies. Je tiens beaucoup à ce qu'il y a dans ma penderie et voilà que la moitié vient d'être fichue en l'air.

-C'est un vrai carnage, soupire Tim derrière moi.

D'une main fébrile, je récupère les malheureux bouts de tissu qui ne sont plus que de la charpie. Je n'en reviens pas que ce soit réel. Pourtant, j'aurais dû me douter que Summer trouverait un moyen ou un autre de se venger. Et, ce n'est peut-être que le début. Elle s'est acharnée sur mes vêtements et je suis sûrement sa prochaine cible. Elle n'en démordra pas de sitôt.

THE WAY - LA RENCONTREDes histoires addictives. Découvrez maintenant