CHAPITRE SOIXANTE-DOUZE

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 Me réveiller dans les bras de Cameron est sans aucun doute la chose que je préfère au monde. Prendre le temps de détailler son visage lorsqu'il est encore en plein sommeil et que ses traits sont détendus, apaisés et presque angéliques. Profiter de son inconscience pour l'observer et me rendre compte de la chance que j'ai d'être à ses côtés. Me délecter de cette expression innocente qu'il affiche avant qu'il n'ouvre les yeux et retrouve cet air éternellement canaille. Assurément, je préférerais être chez lui, à l'appartement, plutôt que dans mon minuscule lit une place. Mais j'avoue que notre proximité forcée n'est pas pour me déplaire. Nous sommes restés ainsi toute la nuit et c'était absolument parfait.

Je reste ainsi à le lorgner pendant une dizaine de minutes exquises. Je ne me lasse pas de contempler ce tableau qui me semble si parfait. Ce nez droit. Ces longs cils noirs. Cette masse de cheveux foncés et désordonnés. Ces lèvres charnues et joliment dessinées. Cette mâchoire viril dont l'os saille sous la peau ferme et douce comme celle d'un enfant. Parfois, je me dis que son visage mériterait d'être reproduit en peinture. Il a la charme d'une muse.

Soudain, je suis interrompue dans ma délicieuse analyse par sa voix grave et enrouée par le sommeil.

-Ça m'avait manqué.

-Quoi donc ? lui demande-je.

-De me réveiller avec toi.

Je sens mes joues s'échauffer. Moi aussi, ça m'avait manqué de m'éveiller dans ses bras.

-De te sentir m'observer alors que je n'ai même pas encore ouvert les yeux, ajoute-t-il en souriant.

Les paupières toujours closes, Cameron me serre un peu plus contre lui si bien que nos corps sont bientôt à deux doigts de se fondre l'un dans l'autre.

-Tu adores savoir que je te regarde même quand tu dors, le taquine-je.

-Ce n'est pas pour me déplaire, je l'avoue.

-C'est trop bon pour ton égo, tu veux dire.

-Pas faux, ricane-t-il sans même ouvrir les yeux.

Je profite qu'il ne me voit pas pour déposer un rapide baiser sur ses lèvres. Je suis toujours plus à l'aise quand il ne me darde pas de son regard de feu. Je me sens moins mise à nue, moins déstabilisée.

-Tu sais ce qui m'avait manqué aussi ? rétorque-t-il.

-Je ne sais pas.

-Ton haleine du matin.

Pas vraiment surprise de sa remarque moqueuse, je ne tarde pas à lui envoyer un maigre coup de poing sur l'épaule en me dégageant de sur son torse. Il ouvre enfin les yeux lorsqu'il m'emprisonne de nouveau entre ses bras. Il refuse de me laisser lui échapper. Son petit jeu le fait bien rire, en tout cas.

-Espèce de...

-Tu adores que je te taquine. Ne dis pas le contraire.

-Tu as quand même mérité le coup de poing, réplique-je comme un sermon.

-Je continuerais mes blagues douteuses tant que tu en riras. Je pourrais passer tout mon temps à faire ça.

-Quoi ? Te moquer de moi ?

-T'entendre rire, dit-il avant d'embrasser ma joue.

-Foutu beau parleur, ricane-je en faisant mine de le repousser encore une fois.

Cameron s'esclaffe de plus bel tout en resserrant un peu plus ses bras autour de moi. Avec nos sweats, nous devrions tous les deux être en train de bouillir. Mais ce n'est pas le cas pour moi et ça n'a pas l'air de l'être pour Cam non plus. Au contraire, cela rend notre étreinte matinale encore plus tendre. Nous sommes bien au chaud l'un contre l'autre. C'est la meilleure façon de commencer la journée.

THE WAY - LA RENCONTREDes histoires addictives. Découvrez maintenant