Chapitre 21 : Des tartines de confiture

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Alicia :

Le soleil se levait doucement derrière les vitres. Une lumière apaisante venait baigner la pièce de couleurs claires. Tous le monde émergeait tranquillement de son sommeil, s'étirant et plongeant son visage dans les draps chauds.

Quand Alicia voulu faire de même, elle sentit un poids écraser son bras gauche, la bloquant dans son entrain. Quand elle ouvrit un œil pour se confronter au jour, elle tourna la tête vers son membre immobilisé. Héloïse, la joue écrasée dessus et les cheveux chatouillant l'épaule de la garde, dormait encore profondément. La jeune fille releva son regard pour voir l'ampleur des dégâts et vit tout de suite sa jambe droite complètement retournée sur celle de la jeune fille.

- Oh bon dieu..., chuchota-t-elle en replongeant dans son coussin.

Mais l'odeur de la princesse était partout, dans les draps, la couverture et son coussin... Alors la garde ne bougea pas d'un cil et attendit patiemment que son ami se réveille pour la sortir de ce mauvais pas. Elle paniquait de plus en plus en appréhendant déjà les foudres de la princesse. Marc ne tarda pas pour le plus grand bonheur d'Alicia. Non pas que la situation ne lui plaisait guère, mais si son Altesse se réveillait maintenant, elle pouvait dire adieu à son post.

- Marrrccccc !, murmura-t-elle le plus doucement possible.

Le jeune homme se leva, les cheveux en bataille et une mine encore endormie sur le visage. Dès qu'il aperçut la position des deux jeunes filles il explosa dans un rire silencieux et complètement incontrôlé.

- Oh non c'est beaucoup trop drôle !, chuchota-t-il.

- Arrête de te moquer et trouves une solution !, répondit-t-elle sur le même ton.

- Ok ok..., capitula-t-il avec un sourire. Essaies de retirer ton bras délicatement... voilà... parfait ! Puis doucement soulèves ta jambe... Aïe non moins vite ! Oui c'est ça. Plus qu'à te lever sans... attends... Voilà !

Smith se releva, soulagée et les membres engourdis. Dès qu'elle fut sortie du lit, un grognement se fit entendre et les deux gardes paniquèrent un instant, avant de voir Héloïse se retourner pour mieux se rendormir de l'autre côté.

- Elle m'a bavé sur la main, constata-t-elle.

Son ami la regarda en se retenant d'exploser de rire, ce qui lui valu une frappe sur le haut du crâne.

- Aïe..., chuchota-t-il sans perdre son regard amusé.

Les deux amis prirent le temps d'enfiler des vêtements digne de ce nom. Ils délaissèrent leur tenue de garde contre un habit plus simple. Marc mit juste une chemise blanche et un pantalon tandis qu'Alicia s'accoutrait d'une veste à manches longues et au col montant, ouvert au niveau de la gorge. Elle la compléta avec une épaulière en cuire, des coudières, des jambières et deux protections pour ses avants-bras et ses poignets, qui faisaient aussi effets de gants pour une main et de mitaine pour l'autre. Elle n'avait pas vraiment le choix de sa tenue du jour, devant se protéger un minimum à cause de ses fonctions qui prenaient nuit et jour.

- Prête ?, demanda Marc qui l'attendait pour partir.

- Oui, dépêchons nous.

Les deux gardes descendirent quatre à quatre les trois étages et sortirent directement dans la rue, zappant complètement la réceptionniste encore en train de mâchouiller bruyamment. Cherchant leur route avec hésitation, ils finirent par trouver le chemin vers le second plateau. La lumière matinal qui se reflétait sur la pierre rouge donnait à la ville une ambiance irréelle, quasiment hors du temps. Marchant d'un pas militaire, ils arrivèrent enfin devant une boulangerie et commandèrent une miche de pain. Chez un fromager ils trouvèrent du beurre et de l'emmental et ils finirent par l'épicier qui leur fournit de la confiture et du jus d'orange frais.

GendallOù les histoires vivent. Découvrez maintenant