Chapitre 36 : Légendes

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Thomas :

- Je ne suis pas sûr de moi, pour le coup...

- Mais si ! Tu vas tout déchirer, ne t'inquiètes pas !

Marc et Thomas se tenait derrière le lourd rideau qui les séparaient du public. Le jeune Homors, s'apprêtait à convaincre la cour du roi d'en apprendre plus sur la culture de sa Guilde. Hier, Alicia l'avait sortit de prison et lui avait prêté une chambre pour qu'il puisse écrire les quelques lignes sur son bout de papier. Il était anxieux d'avoir à affronter les regards et les jugements de la foule mécontente, avec pour seule arme, les mots. Tout jouait contre sa faveur et peu soutenait son point de vue, dégradant envers la famille royale. Mais son but n'était pas de blâmer... Il allait falloir trouver les bon termes. D'autant plus que son peuple avait assassiné la reine. Il se sentait tellement honteux et coupable d'avoir un jour assisté à cette mort... Mais un temps nouveau soufflait. A lui de faire le bon choix.

- Je vais rejoindre Alicia, déjà auprès de la princesse. Si tu panique à un moment, et bien... regarde moi. Un soutiens ne fait pas de mal, n'est-ce pas ?, dit Marc, presque aussi nerveux que son ami.

- Oui. Merci Otterson, tu auras été d'une grande aide, Thomas termina sa phrase par un sourire charmeur et inspira un grand coup.

Il entendit le blond faire demi tour pour aller s'asseoir dans le théâtre, faisant office d'assemblée.

Aller, à toi de jouer...

L'horloge sonna. Il devait entrer sur scène. Avec tout le courage qui lui restait, il fit les quelques pas qui le séparaient du public. Entrant enfin sous le feu des projecteurs, ses jambes tremblèrent d'un coup, et sa gorge se serra. Devant tout ce monde qui le fixait avec des regards noirs, il ne voyait plus la lumière. Ou bien, il ne voyait que ça. D'énormes projecteurs qui lui empêchaient tout mouvements.

- Euh...

Il hésita pendant ce qui lui sembla une éternité avant d'enfin trouver Marc dans les gradins. Le blond lui sourit et leva un pouce en l'air. A côté de lui, Alicia et la princesse étaient épaule contre épaule, serrées à ne plus s'en détacher. La garde lui lança un encouragement silencieux, ce qui le débloqua enfin. Ses yeux se posèrent avec un peu plus d'assurance vers le roi, qui se tenait au premier rang, attendant patiemment son discours.

- Ma présence en surprendra certains..., commença-t-il prudemment.

Ses mains tremblaient tellement qu'il jeta ses fiches, devenues inutiles, derrière le rideau et reprit ses esprits.

- Mais je suis venu au nom de la paix.

Ses paroles eurent le don de réveiller la cour et ses représentants.

- Comme vous le savez sûrement, la guerre fait rage. Je suis né Homors. Mes deux parents ont voués leur vie à la Guilde et m'ont élevé comme tel.

Il attendit que ses propos atteignent les consciences et reprit.

- J'ai les mêmes valeurs que mes frères et sœurs qui dévouent leur vie à cette cause. Mais je représente aussi la jeunesse. Cette nouvelle génération qui veut l'égalité entre les peuples, sans s'entre-tuer.

Rhélonius se releva, croisant les mains, soudainement plus concentré.

- Nos croyances sont différentes. Alors que vous prônez l'amour et la sagesse, les Homors croient aux Dieux de la Vie et de la Mort. C'est pourquoi, dans nos mythes, il n'est jamais question d'amour. Aimer est signe de faiblesse et de pêché. Pourtant, si on y regarde de plus près, ces grandes fresques qui ornent nos murs ne sont qu'en faite une grande histoire, non pas de terreur et de temps révolu, mais d'amour. Alors écoutez, messieurs dames ! Voici le grand cycle de toutes choses...

GendallOù les histoires vivent. Découvrez maintenant