Chapitre 24 : L'arène

166 18 0
                                        

Alicia :

- Bah mais qu'est-ce que c'est que ce truc..., râla la jeune fille.

La chaleur commençait à lui taper sur les nerfs. Au fur et à mesure qu'elles descendaient plus profondément, ses angoisses la rattrapaient et sa force d'esprit habituelle commençait à la lâcher sous le coup de la fatigue. A chaque fois qu'elle touchait quelque chose, son cœur s'emballait. Son ventre se tordait et son cerveau déraillait complètement, sans aucune raison. C'était toujours comme ça quand elle paniquait. La seule chose qui la faisait tenir était le flot de paroles continu que lui envoyait Héloïse, qui faisait la discussion à elle toute seule, expliquant chacune de ses théories quand à ce qui se trouvait au bout de ce chemin sombre. Alicia, elle, se concentrait sur ce son, ses pas et la confiance que lui transmettait la princesse.

- Ah nous y voilà..., déclara-t-elle enfin.

La garde se précipita hors de l'étroit tunnel. Elle soupira d'aise en se retrouvant dans une petite salle bien aménagée. Des briques recouvraient les parois, des tonneaux en bois étaient stockés un peu partout et une vielle porte massive indiquait l'entrée d'une planque.

- Les Homors..., chuchota la soldate en levant les yeux vers le drapeaux rouge accroché au plafond. C'est bien eux. Prenez garde votre Altesse.

Celle-ci acquiesça et la laissa passer devant. La chevalier dégaina son épée et se mit en position de défense. Elle poussa lentement le battant en bois, l'œil vif et prête à bondir. Cependant elle fut surprise quand elle ne découvrit qu'une immense pièce vide et plongée dans le noir. Curieuse, elle y pénétra pas à pas, avec une grande prudence, suivie de près par la princesse. Dès qu'elles mirent un pied sur le sol, un clic bruyant se fit entendre, faisant sursauter les deux jeunes filles. Les torches posées aux murs s'allumèrent une à une, comme par magie, révélant une arène en contrebas et des gradins qui faisaient tous le tour de la pièce. En contre-bas, un terrain de terre était installé, totalement désert. Deux immenses grilles étaient dressées dans une cavité aux abords de l'arène, abritant sûrement les combattants lors de duels sanglants. Les traces de sang démontraient la violence des affrontements.

L'endroit, totalement vide, était effrayant, lugubre. Le fait qu'aucun soldat ne soit présent inquiétait Alicia, qui commençait à douter de la présence des Homors en ces lieux. Les drapeaux et la dominance de rouge et de noir semblait vraiment faire partit de la décoration. Le plafond, fait de poutres de bois et de pierre, accueillait des cages où restaient encore un ou deux cadavre brûlé.

- Oh mon dieu..., souffla Héloïse en étudiant plus en avant la pièce. Je ne veux pas savoir ce qu'il c'est passé ici.

- Moi non plus... L'espace est vide, et cela m'inquiète. J'ai un mauvais pressentiment. Allons-nous en, trancha Smith en entraînant son Altesse vers la sortie.

- Alors mesdames ! Vous nous quittez déjà ? Voyez-vous, toute cette mise-en-scène vous est destinée ! Venez assister au spectacle ! Ne croyez-vous pas ? Ha ha ha...

Une voix sinistre rigolait au milieu de l'arène. Un homme, plutôt âgé, était là, en train de se tordre, en s'exclamant comme un fou trop longtemps seul. Sa barbe pointue et ses favoris sales lui donnaient un air méchant. Sa peau était crasseuse, et sa position tout à fait négligée, comparée à ses habits de soie et de velours.

- Alicia..., chuchota la princesse qui s'inquiétait et s'acharnait à tenter d'ouvrir la porte.

- Tiens, c'est la première fois que vous m'appelez par mon prénom, s'étonna la garde, totalement hors sujet.

Elle reprit un air sérieux en comprenant la gravité de la situation et fronça les sourcils en s'avançant aux bords des gradins.

- Viens voir le vieux ! T'as intérêt à ouvrir cette porte sinon je viens te chercher !

GendallDes histoires addictives. Découvrez maintenant